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 Avant les Ténèbres [solo - reprise]

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Erayn
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Hors-la-loi
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« Messages : 483

» Surnom : Gardien Aveugle.
» Rôle / Grade : Sabreur.

MessageSujet: Avant les Ténèbres [solo - reprise]   Sam 27 Sep 2014 - 9:40

Sans surprise, les cordages fins qui gardaient le prélart en place cédèrent sans résister au tranchant de ses doigts. Les seules matières sur lesquelles il était encore susceptible de buter étant le métal et assimilés, ce n'était pas un peu de chanvre tressé qui lui mènerait la vie dure – et c'était le cas de le dire. Le sauvage qu'il venait de sortir de ce « piège » rudimentaire n'avait notoirement pas toute sa tête mais il semblait lui en rester assez pour comprendre ce qu'il lui disait. Son libérateur lui en sut gré. Quels que soient les coups qu'il avait pu prendre sur la tête pour se retrouver dans un tel état, il ne méritait nullement de se faire tailler le gras – encore moins par accident. Et aussi confiant soit-il en ses capacités, le bretteur devait avouer n'être que très peu tenté de se mettre à dos quelqu'un de son gabarit sans raison. Quelqu'un d'autre, s'entend. Il avait assez d'un phénomène du genre à gérer, quand bien même il n'avait pour l'heure plus celui-ci dans les pieds.

Débarrassée des liens qui la maintenaient sous tension, la banne fit mine de prendre la voie des airs jusqu'à ce que l'autre moitié des fixations se rappelle à son bon souvenir. Avant même qu'elle ait pu claquer tout son mécontentement au gré du vent, Erayn était en alerte, s'étant rendu compte que sa cargaison n'était pas aussi innocente qu'escompté. Le comportement de l'homme-ours l'avait mené à penser que c'était un convoi de provisions à destination d'on-ne-sait-où, de cette façon que seules ont les bêtes de fouiller dans tous les coins en quête d'un vestige de repas. Se permettre de fureter à l'intérieur n'était certes pas très net de sa part, mais il n'avait pas même songé à y prendre quoi que ce soit. Ce n'aurait pourtant pas été la première fois qu'il aurait dû prélever son repas après que son compagnon de route ait écoulé leurs fonds en alcool frelaté. À moins que la destruction de cordages ne soit localement passible de peine, ce qu'on lui faisait ici tenait plus du procès d'intention.

Même sans ses sens exacerbés, l'odeur de poudre omniprésente aurait suffi à lui faire comprendre que le représentant de la loi braquait sur lui – eux ? – une vieille pétoire. De celles si vétustes que, même à cette époque où la technologie avait encore des progrès à faire en terme d'armement, on ne les voyait déjà plus que suspendues au mur, « en souvenir du bon vieux temps ». Semblait-il que ce n'était pas le cas partout. S'étant réflexivement mis en garde, l'exilé du paradis se força à reprendre une posture plus détendue, peu désireux d'attiser les flammes de l'animosité. Une décision qu'il ne tarda pas à regretter, montrer patte blanche n'ayant vraisemblablement pas suffi à faire désenfler la tension ambiante et à rassurer les autochtones. C'est du moins le message que semblait véhiculer la rafale de balles qui lui fonça droit dessus. Le plomb volait bas, et Erayn se félicita d'avoir développé sa souplesse quand son corps s'infléchit sous sa trajectoire pour qu'il n'ait pas à y goûter.

Le gros de la menace lui passa littéralement au-dessus de la tête, et il y reconnut l'oeuvre du citoyen lambda à qui l'on avait donné un fusil sans lui apprendre à s'en servir. Qu'ils fassent démonstration d'une précision aussi mortelle tenait déjà de l'exploit, mais ils se contentaient de viser où on le leur disait sans réfléchir par eux-même. C'était sa chance, et c'est ce qui le sauva. Car après la masse des moutons et leur tir groupé en choeur et en cadence, ce furent les véritables tireurs qui s'en prirent à lui. Trop occupé à sauver sa propre peau, il n'eût pas le loisir de se soucier de celle de son camarade d'infortune – la vraie, pas celle qu'il avait sur les épaules. Il n'était qu'une forme de vie parmi toutes celles qui l'environnaient, perdue au milieu des munitions qui chantaient gaiement leur requiem. Il n'avait d'autre choix que de s'astreindre à un mouvement perpétuel s'il ne voulait point voir monter en flèche son taux de fer dans le sang.

C'est un malentendu ! haussa-t-il le ton pour se faire entendre par-dessus les pétarades.

Avant d'avoir pu prolonger la tirade bien connue d'un tout aussi éculé « je peux tout expliquer », un autre projectile siffla à son oreille, assez pour qu'une mèche de cheveux en fasse les frais. S'il aurait sans doute pu tenir tête à ces braves gens pendant quelques instants, il ne pouvait que difficilement tenir tête à autant d'adversaires simultanés et veiller à ne pas les blesser. Même sa précision, si longuement travaillée avec ce bandeau en or massif sur les yeux, avait ses limites – et cela en faisait partie. Pour le moment. Puis, à force d'être candidat forcé à cette danse avec l'acier, il en eût assez. Sa silhouette, qui jusque là oscillait avec une telle fluidité que certains en omettaient de faire feu tant ils étaient fascinés par le spectacle, reprit un semblant d'inertie. Solidement campé sur ses jambes, il laissa le danger venir à lui.

Écoutez-moi. commanda-t-il, péremptoire.

La dernière cartouche, gracieuseté du shérif, qui aurait dû l'atteindre à la tête tomba mollement au sol, tranchée en deux dans le sens de la longueur. Encore levé à la parfaite verticale, son « épée » ne retomba qu'avec une extrême lenteur, au cas où qui que ce soit serait tenté de déjà remettre ça. Le silence qui s'était abattu sur la scène n'était rompu que par le roulement lent des douilles sur le sol, poussées par le vent comme de vulgaires ballots de paille. Un silence de plomb, se fit-il la réflexion, non sans une bonne pincée d'ironie. Et l'autre type, s'en était-il sorti ? L'homme aux ailes arrachées ne voyait – sentait – plus aucune trace de lui dans les parages, comme s'il s'était tout simplement volatilisé. Ce qui, compte tenu du fait que n'importe qui n'aurait eu eu besoin que d'une oeillade pour le ranger dans la catégorie poids lourd, avait de quoi surprendre.

De l'or... ? marmonna-t-il, incrédule. Qu'est-ce que c'était que cette histoire ?

Lui-même avait été éraflé plus ou moins durement de part et d'autre, mais rien qui le pénalise dans ses déplacements. Affecter n'en rien sentir n'était pas un choix, mais une nécessité. S'il faisait mine de se préoccuper de ses plaies, les plus téméraires pourraient y voir une opportunité de remettre le couvert. Ce qu'ils comptaient faire de toute façon, à en croire le gardien de la paix de la bonne ville de Banaro. Tout portait à croire que la présomption d'innocence n'avait pas encore été inventée par chez eux et que la notion de pourparler leur faisait plus penser à un dessert sucré qu'autre chose. Et lui lire ses droits, ça ne leur évoquait rien ? Irrité mais ne voulant pas plus alimenter le malentendu qu'ils ne le faisaient déjà bien assez sans son aide, il inspira l'air à grandes goulées avant de retenir sa respiration pour transiger avec la fatigue.

Puis, d'un bond surhumain, il se catapulta en hauteur sur la toiture la plus proche. Le temps que les canons empruntent la même direction, il avait disparu, non sans que la caresse d'une ou deux balles perdues le manque de peu. Par chance, une déflagration retentit au même moment dans un autre coin de leur patelin paumé, les dissuadant de se lancer à sa poursuite avant même qu'ils aient pu y penser. Ils avaient des problèmes plus urgent à régler. Le natif de Bilca aurait pu lui aussi s'en inquiéter bien volontiers si la seule idée de les retrouver sur place ne l'avait pas exempté sans plus attendre de toute volonté d'aider. Ce n'étaient pas ses affaires, et il avait des stigmates à panser par leur faute. Qu'ils se débrouillent donc sans lui ! Ils lui avaient fait comprendre assez clairement qu'ils ne voulaient pas de lui.

Comme quoi il n'avait pas nécessairement besoin de Thorn pour se créer des ennuis...



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