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 Zoro le chasseur de pirates - [Shell Town]

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Roronoa Zoro
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Sabreur Mugiwara

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MessageSujet: Zoro le chasseur de pirates - [Shell Town]   Ven 18 Juil 2014 - 23:08

Neuf jours. Voilà neuf jours que mon chemin avait pris un drôle de détour, sous la forme d'un arrêt contraint et forcé en gare de Shell Town. On avait fait plus sympathique comme halte, la cour de la Base n'ayant rien du terrain de jeu que je m'étais imaginé. Encore qu'au départ, je n'avais pas prévu de me retrouver par ici, seuls les caprices de mon embarcation de fortune en ayant décidé ainsi. Étrange, en y repensant : le Nord-Ouest, c'est pourtant bien toujours tout droit et à gauche. Il faut croire que la carte dont je disposais n'était pas de première qualité, sans quoi je me serais retrouvé dans le coin où l'on disait avoir aperçu Oeil de Faucon récemment. Neuf jours à voir l'astre lumineux rouer ma peau de coups de fouet, la déshydratation n'en étant finalement qu'une conséquence bénigne en comparaison des brûlures qui se manifestaient ça et là. Neuf nuits à esquiver le froid qui se riait de mon inertie, quand bien même j'étais trop robuste pour m'enrhumer si facilement. Ni liquide salvateur pour m'humecter le gosier, ni nourriture bienvenue pour éviter à mon estomac de jouer au pugiliste face à moi-même. Rien, pas de lumière au bout d'un tunnel à rallonge ni d'échappatoire. A quoi bon ? J'aurais préféré mourir dans cette condition de non-être plutôt que de verser dans la facilité. Aussi, sans mégoter sur ce pensum, j'y voyais un moyen de tester la force de mes convictions. C'est dos au mur que l'homme trouve la force de progresser, de voir les certitudes succéder aux épreuves surmontées. Celle-ci n'était rien et ce poteau n'avait rien d'un mur indestructible. Ténacité, endurance et abnégation seraient les clés pour le transpercer, car il n'était pas question d'escalader ni de contourner l'obstacle lorsqu'il se présentait à un sabreur digne de ce nom.

C'est fort de cette résolution inébranlable que je voyais les secondes s'égrener piano, comme pour mieux railler cette posture peu amène. Neuf jours, ça n'était rien dès lors que le contrat portait sur un mois complet. Certes, le parfum métallifère venait à me manquer, tant mes nasaux étaient las de se retrouver calfeutrés entre sable et poussière. En outre, le seul goût à m'être agréable était celui de l'action, aussi refusais-je vaille que vaille de céder à la soumission. Mon honneur était en jeu, tout comme les promesses faites à ceux que je ne décevrais jamais. Pour rien au monde. Beaucoup d'autres hommes auraient refusé l'épreuve qui m'avait été imposée, reste que je n'étais pas de nature à me contenter d'être "n'importe quel homme". Les critères de sélection ne s'embarrassaient même pas de prendre en compte l'humain lambda sur la voie qui mène au rang de meilleur sabreur, aussi ne m'étais-je jamais accommodé de ces poncifs et autres modes de pensée grégaires propres aux "autres". Le dépassement de soi était mon oxygène ; l'effort, mon pain quotidien. Ce dualisme en était pour ainsi dire devenu programmatique depuis mon plus jeune âge, alors que je m'étais juré d'emmener avec moi la volonté d'une camarade et la foi de mes compagnons, tout là haut, vers le sommet réservé à celui qui ne connaissait pas la défaite. Pour autant, je ne m’épanchais pas sur quelque philosophie pseudo-réaliste faisant la part belle à un présumé destin. J'avais la certitude que chacun était le propre auteur du récit de sa vie, choisissant par là même le support et l'outil de son choix en vue de transcrire aspirations et volitions. Dans mon cas, c'était du tranchant de ma lame que j'avais entrepris d'écrire mon histoire. Wadô Ichimonji, lui qui m'avait été confisqué neuf jours auparavant. Je ne pouvais que garder mon sourire satanique, fort de mon acharnement caractéristique, tandis que je réalisais pour la énième fois que mon sabre me manquait davantage que les commodités du quotidien. Les haillons qui me collaient à la peau n'y changeaient rien, j'étais comme nu sans lui.

Au fond, les évènements au départ desquels s'était originée cette situation n'étaient que bagatelle en l'instant présent. Il en irait de même au cours des vingt-et-un prochains jours, à n'en pas douter. Et pour cause, c'est simplement ma défiance envers un gus trop prompt à agir doctement qui avait scellé le contrat susmentionné. Ce péquin se prétendait fils d'un colonel de la Marine, la belle affaire. Vraisemblablement bercé trop près du mur, cet anonyme parmi les anonymes jugeait bon de profiter de son statut afin de terroriser la population locale. C'était sans doute là son seul talent, ces braves gens se refusant à imiter l'incivisme dont il faisait preuve. Les tropismes de notre époque gagnaient même les soi-disant protecteurs de la veuve et de l'orphelin, rien de plus navrant que d'être le témoin de cette médiocrité ambiante. Le maître m'en avait averti avant que je ne quitte Shimotsuki, mais tout de même, la réalité était toujours de nature à me peiner. C'est donc sans remords ni hésitation que j'avais laissé sourdre la révolte face à cette servitude insensée. Pour ce faire, j'avais tué l'animal de compagnie de l'autre imbécile, un loup qui s'apprêtait à attaquer une gamine sans défense. Pas d'élan héroïque ni de rébellion idéologisée, juste une façon de ne pas me laisser entraîner dans cette indolence coupable. Le maître aimait répéter qu'un sabre porteur d'une volonté protectrice était - et lui seul, nul autre - à même de trancher tout ce qui s'opposait à son porteur. Ces mots revenaient frapper à la porte de mes souvenirs occasionnellement, bien que je n'étais guère client de tous ces songes trop intellectuels à mes yeux. Le sabre tel que je le concevais, il se vivait, se respirait, s'apprenait aux confins du sang et de la sueur versés. Pas au milieu d'une farandole de termes grandiloquents.


Naturellement, il n'avait pas été question de tergiverser lorsque le "fils du colonel" avait cru me condamner à une peine capitale pour ce triste forfait qu'était le meurtre de son loup. Ce couard pensait-il vraiment qu'une quelconque rédemption allait me traverser l'esprit ? C'était uniquement pour protéger les citoyens de ses agissements subséquents que j'avais marché dans sa combine. Mais aussi parce qu'il m'était interdit de reculer devant un défi. Mon adversaire n'était pas ce cancrelat, mais bien moi-même. Ma volonté serait mise à rude épreuve, tandis que mon endurance serait mon pilier face à la fatigue, tentant de me faire chavirer à l'instar de mon dernier navire, victime de la houle. Mon organisme en subissait déjà le contrecoup, l'une ou l'autre partie de mon corps se chargeant de me transmettre les premiers signaux de détresse alors que le soleil continuait sa chaude danse au-dessus de moi. Je ne savais que trop bien où cela menait, l'objectif était clair. C'est lui et lui seul que je fixais dans le blanc des yeux, sans jamais incliner la tête. Mon bandana noir était trempé, mais il ne risquait pas de succomber par noyade, fut-ce sous cette chaleur tropicale. Que du contraire, il était mon catalyseur, m'évitant ne fut-ce que de songer à rouscailler. J'aurais pourtant eu le verbe rugueux et la voix rauque si j'avais dû m'exprimer, mais le risque était faible. J'avais pour seul compagnon d'infortune un léger vent, son sifflement constituant le seul son perceptible depuis ma position stationnaire. Ou du moins le croyais-je, car j'entendais des voix derrière la paroi me faisant face. Qui pouvait bien s'amuser à parader dans le coin ? Des amateurs en quêtes de sensations fortes, venus admirer le spectacle du condamné ? Ils en auraient pour leur argent, tant j'étais résolu à ne pas courber l'échine face aux normes et autres conventions qui s'imposaient au corps humain, ainsi qu'à la faiblesse de l'esprit. J'étais au-dessus de ça, je m'étais entraîné durement pour y être immunisé. Mais rien de tout ça, finalement. Moi qui étais préparé à une nouvelle forme de détersion, je me retrouvais nez-à-nez avec un gamin arborant un chapeau de paille. Encore un qui allait faire les frais de l’ingérence locale. Mon visage figurait à mi-chemin entre la provocation et le défi quand je lui renvoyai un regard noir accompagné d'un sourire sardonique. Mes mots, quant à eux, exprimaient le contraire de mes intentions à son égard.

"Hey, toi ! Ça te dirait de venir défaire mes liens ? Je commence à m'ennuyer sévère par ici et j'ai bien envie de me dégourdir les jambes ! Si tu m'accordes cette faveur, je m'engage à traquer tous les brigands du coin et à te refiler la récompense en échange ! Qu'est-ce que tu en dis ?"

Comme tous les autres grouillots avant lui, je savais qu'il allait s'enfuir sous l'emprise de la peur : ils m'appelaient "démon". Et ça m'allait très bien. Peu importe mon surnom et ma réputation, de même que cette pénitence momentanée. Rien ni personne ne m'empêcherait de concrétiser mon ambition.


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MessageSujet: Re: Zoro le chasseur de pirates - [Shell Town]   Ven 8 Aoû 2014 - 14:15

Je jouerai Kobby le temps de ce Memorie. C'est un personnage que j'apprécie énormément et qui me correspond à minima.




Ahh la liberté ! Après avoir passé autant de temps au service de la belle, euh… la grosse et affreuse Arbida (Il faut vraiment que je perde cette habitude), qu’est-ce que j’ai pu apprécier le vent dans mes cheveux sans recevoir des postillons à la figure ! Les vagues qui frappèrent légèrement sur la proue, le soleil me réchauffant le visage… le temps est idéal pour naviguer. Cette journée est tout simplement parfaite ! Me voilà libre ! Je sais que cela peut paraître dérisoire pour la plupart des personnes, mais après deux ans passés, auprès d’infâme pirates, ayant la peur au ventre, se sentir mis plus bas de terre et perdre tout honneur à faire des tâches ingrates. Je suis heureux d’avoir pu me libérer de « mes chaines ». Tout cela à l’aide de Luffy, qui m’a donné le courage de me rebeller, mais aussi la volonté d’être prêt à tout pour accomplir mon rêve quitte, même à y laisser ma vie, pour simplement n’avoir aucun regret.

Et maintenant nous voilà à Shell Town ! C’est ici que se trouve la base de la marine la plus proche de l’ancien quartier général des pirates d’Arbida. C’est ici où je vais enfin pouvoir m’engager ! C’est ici que je porterai pour la première fois fièrement les couleurs des défenseurs de la Justice. C’est ici que je défendrai la veuve et l’orphelin. C’est ici que je deviendrai un modèle de courage et de force pour les générations futures ! C’est ici que je fais le serment de devenir cet officier que j’ai toujours idéalisé ! C’est ici que ma vie commence !


Après avoir pris un repas assez surprenant, nous dirigeons vers la base de la Marine dirigé par le Colonel Morgan. Mes questions me reviennent en tête… Malgré la simplicité avec laquelle prends les choses Luffy, je ne comprends pas pourquoi les gens ont réagi ainsi au nom du Colonel Morgan, à la rigueur, je peux le concevoir avec celui de « Roronoa Zoro », brrr cela m’en donne des frissons rien que d’y penser. Par contre le Colonel Morgan est un grand homme, n’est-ce pas lui qui a arrêté le célèbre pirate Crow, malgré la perte de son bras droit pendant le combat ? Et ceux malgré que tous son équipage fut décimé ? N’est-ce pas sa section qui a arrêté le célèbre chasseur de Pirate récemment ? Je ne comprends pas, la réaction de ses personnes. Il devrait être rassuré d’avoir quelqu’un de son prestige au sein de leur communauté.

Pendant que je suis perdu dans mes pensées, nous sommes devant les portes de la base. Une solide double porte permet de rentrer dans l’enceinte de la caserne. Au loin, on peut y des bâtiments qui doivent accueillir les dortoirs, l’armurerie et toute sorte de choses que je vais bien finir par connaître.

« Allez, vas-y Kobby »

La motivation de Luffy me fit à penser à ce que ma vie allait devenir. Je sens un mélange d’excitation, mais aussi de la peur monter en moi. Les réactions de la clientèle du restaurant me reviennent. Le stress me fait me douter de ma motivation, « Est-ce que j’en suis capable ? Est-ce que je suis assez fort ? Et pourquoi les gens ont-il réagit ainsi ? » sont les questions que je me pose à toute vitesse.

« Euh… Je ne suis pas encore prêt. Puis je ne comprends pas pourquoi les gens ont réagi comme ça tout à l’heure… »

Je n’avais même pas encore fini ma phrase que Luffy était déjà en train d’escalader le corridor. Je le savais pourquoi, depuis qu’il savait que Roronoa Zoro était ici à Shell Town, il voulait le rencontrer pour savoir si c’était un type bien. Et bien entendu, si c’était le cas, il voulait l’engager dans son équipage composé de lui-même en tant que capitaine. Malgré tous mes efforts pour lui décrire ce monstre, que dis-je ce démon, il n’avait donc pas changé d’avis.

« Tu sais, ils ne vont pas l’exposer comme un trophée, il doit se trouver dans un cachot bien gardé !»

« Non, j’ai vu quelque chose de l’autre côté, c’est peut être lui ! »


Et le voilà, qui part sur le rempart à l’opposé de celle où nous nous trouvions pour mieux voir ce quelque chose. La curiosité me poussa à le suivre et même à escalader le mur d’enceinte à ses côtés. Une fois en haut, je détaillai, d’un mouvement tête de la gauche vers la droite, la cour de la base. Mon regard se posa tout d’abord, sur un carré rempli de mannequin d’entrainement, puis un second avec une sorte d’épouvantail en plein milieu (curieux), puis un troisième menant à l’entrée d’un bâtiment…
Hé attends, ce n’était pas un épouvantail, c’est un homme attaché, à hauteur des coudes et à la taille, à deux poteaux qui forment une croix. L’homme à un bandana vert autour de la tête, un haut blanc qui ne l’ai plus vraiment (certainement dû à la poussière environnante) et une ceinture rembourrée. Lorsque nos deux regards se croisent, me voilà propulsé en enfance, j’ai qu’une envie, c’est de me rouler en boule et que ma mère me réconforte comme elle le faisait autre fois. Il n’y a pas de doute, c’est lui, le choc m’en a fait lâcher ma prise et je tombe à la renverse sur les fesses.

« C’est bien lui, il n’y a pas de doute ! Le chasseur de pirate, Roronoa Zoro »

J’arrive à distinguer le sourire de Luffy d’où je suis… Il a une idée, je le connais depuis peu de temps, mais il n’est pas très difficile à cerner. Il veut le libérer… Et je ne me suis pas trompé (j’aurai préféré). Il venait de proposer de le détacher et de s’enfuir ensuite. Mais il ne voyait donc pas à quel point, il était cruel ? Le seul moyen pour qu’on fasse éprouver un homme le pilori par cette chaleur, c’était pour sa cruauté.

« Ce n’est pas le moment de plaisanter Luffy ! Si tu l’aides, il mettra la ville à feux à sang ! Et ensuite il nous tuera ! »

Le niveau sonore de ma voix est tel que cela avait dû attirer l’attention de chasseur de pirate vers notre position, puis je l’entendis s’adresser à mon camarade et lui demander de venir le libérer. Malgré la peur, je grimpai de nouveau sur l’ultime protection qui me séparait de ce démon. Mais il fallait bien quelqu’un pour résonner le chapeau de paille.

« Ne te laisse pas berner ! Si tu le libères, il nous tuera avant de s’enfuir »

Il me répond qu’il est fort et que je n’ai pas à m’inquiéter… Je le sais qu’il est fort, je l’ai vu faire s’envoler une des femmes les plus grosses que je connaisse. Mais personne n’est de taille face à ce colosse.


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MessageSujet: Re: Zoro le chasseur de pirates - [Shell Town]   Dim 10 Aoû 2014 - 17:40

« Un monstre, hein ? J'aimerais bien voir ça ! »

C'était en substance tout ce que Luffy avait retenu du soliloque de Kobby au sujet du Chasseur de Pirates. Si le portrait dépeint par son acolyte se voulait à même de faire froid dans le dos, il n'était pour l'homme-caoutchouc synonyme que d'amusement – si pas d'intérêt. Car force était de l'admettre, se faire nantir de pareille publicité n'est point le lot de tout un chacun : aviser le visage dudit démon ne pouvait dès lors que le tenter. Ainsi que de s'assurer ses services, pour peu que sa notoriété ne soit pas surfaite – comme sa démesure pouvait le laisser présumer. La ligne directrice de son proche avenir n'ayant été tracée qu'à hâte, l'extensible énergumène ne voyait point d'inconvénient à visiter l'homme derrière la rumeur pour voir par lui-même ce qu'il en était... Et pourquoi pas s'en faire l'allié prometteur qu'il avait à l'esprit, aussi simple qu'il soit.

Projet qui, s'il était enthousiasmant dans son chef, semblait bien moins emballer son lunetteux compagnon d'infortune. Malheureusement pour lui, quelle la force de dissuasion dont l'ancien laquais d'Arbyda pourrait se flatter, son mécène s'y voulait imperméable en tout point, citadelle d'obstination dont rien ne saurait faire trembler les murs. Dès lors que l'idée en avait passé les remparts, c'était fichu. Les arguments auraient beau pleuvoir comme tant de traits enflammés, rien n'y ferait, pas plus que l'air guilleret dont il s'était paré ne quitterait son visage. S'il voulait le voir s'en tenir éloigné, l'aspirant Marine aurait mieux fait de n'en dire mot, car nul encombre ne l'en détournerait dorénavant. Preuve en fut que le regard qu'il portait sur son comparse s'en détacha pour guigner l'horizon, où déjà il guettait son futur partisan.

Si l'essentiel du trajet jusqu'à Shell Town était déjà derrière eux et leur modeste rafiot lorsque s'était tenue cette discussion, la portion réduite qui les attendait encore lui sembla bougrement plus longue. L'impatience se faisait sentir, tant et si bien que Luffy piaffait d'impatience du haut de la figure de proue, dès alors devenue son siège privilégié. Que leurs motivations soient pour le moins incompatibles n'autorisait nullement Kobby à lui jeter la pierre, lui-même n'attendant que de pouvoir se ranger sous la bannière du gouvernement. Quand enfin la barque branlante toucha terre, le natif de Fuschia ne se fit pas prier pour en descendre, gravant de ses sandales son empreinte dans la poussière du débarcadère. Si éprouvante qu'ait pu être la traversée, son entrain restait inchangé, ainsi qu'en attesta son poing levé.

« Yosh ! On y est ! »

Qu'ils soient au bon endroit ne faisait effectivement aucun doute, la base qu'ils étaient censés atteindre s'érigeant devant eux à quelques centaines de mètres de distance à peine. Aisément reconnaissable à sa robe blanche rayée de bleu, elle clamait fièrement son appartenance – une habitude devenue norme parmi ces infrastructures. Peut-être dans l'espoir diffus qu'un ou deux flibustiers de pacotille trembleraient sous son ombre, mais le capitaine sans équipage ni navire n'était assurément pas de ceux-là. La menace silencieuse n'avait d'autre réponse à attendre de sa part que l'insouciant sourire qui éclairait déjà son visage. Lui faire baisser pavillon ne serait pas si aisé, d'autant plus qu'il n'en était pas encore doté. Une des – trop – nombreuses choses à se bousculer au sommet de sa chaotique liste des priorités.

La cime de cette dernière demeurait toutefois pour toujours et à jamais prisonnière des griffes de son appétit. Aussi s'en furent-ils sans autre forme de procès se remplir la panse en premier lieu. L'escale de la cantine ne fut d'ailleurs pas sans produire des résultats aussi inattendus que divertissants à la mention des noms de Zoro et – plus surprenamment - du colonel Morgan, qui faisait régner l'ordre sur ce patelin et sa proche banlieue. Par deux fois, les clients chutèrent de leurs chaises à leur seule mention, mobilier comme assiettes prenant la voie des airs à chaque fois que le tabou volait en éclats. Un automatisme qui n'était pas sans susciter l'hilarité chez le garçon élastique, qui s'en tenait encore les côtes une fois qu'ils eurent (que Kobby eut) réglé leurs consommations.

« Hahaha ! C'est vraiment un restaurant intéressant ! Faudra que j'y retourne ! »

Son acolyte n'avait pas l'air de partager son enthousiasme, préoccupé par la vive réaction des autochtones. Ce qui pouvait se comprendre, quand bien même Luffy ne voyait quant à lui point de raison de s'en inquiéter. Fidèle à sa légèreté, c'est mains dans les poches qu'il chemina vers le bastion de justice où convergeaient leurs intérêts respectifs. Le soldat en devenir étant trop occupé à s'abîmer dans ses pensées pour lui faire la conversation, il se surprit à siffloter un air familier, ragaillardi tant par le copieux repas que par le spectacle comique qui l'avait enjolivé. Il ne s'interrompit – au grand soulagement des oreilles de chacun – que quand les lourdes portes probablement blindées de la caserne leur barrèrent le passage. Passant outre la laideur qu'il lui trouvait et plus encore vue de près, il lorgna son vis-à-vis :

« Allez, vas-y Kobby ! »

Mais l'ex-homme de peine d'Arbyda à la massue n'était pas encore résolu à y faire son entrée, passablement refroidi par la disproportion des réactions auxquelles il avaient assisté. Qu'à cela ne tienne : s'il haussa bien les épaules pour lui signifier de faire à son gré, réaliser ses propres objectifs n'attendrait pas davantage. Jouant de ses bras élastiques, Chapeau de Paille escalada la paroi d'une rapide contraction, s'arrimant à son sommet pour épier à foison ce qui se cachait de l'autre côté. Il ne fut pas déçu : suspendu à un échalas de bois comme quelque épouvantail organique, une lugubre silhouette était laissée à la merci du soleil. Qu'il ne puisse en distinguer les traits ne changeait rien – d'autant plus qu'il ne savait pas de quoi l'intéressé avait l'air - : la certitude d'être tombé sur le bon numéro fut immédiate.

Plus obnubilé encore qu'il ne l'était déjà, le poulain de Shanks quitta son perchoir pour faire le tour du bâtiment afin de mieux y voir. Talonné de près par un Kobby dubitatif, il renouvela son ascension, sa prise tonique faisant saillir son galure par-dessus le mur. S'y accoudant avec tout le naturel du monde, les jambes dansant sur le vide, il riva une fois de plus son regard rieur au visage du prisonnier. Le bandana couleur de jais dont s'était paré celui-ci n'en laissait voir que peu de choses, sa propre attention n'ayant que le sol pour toute direction, mais l'effarement de son compère espion dissipa le peu de doute encore en suspens : c'était de Roronoa Zoro dont il s'agissait. Son enthousiasme déjà presque palpable s'en trouva grandi d'autant – il s'imaginait que le rencontrer serait plus malaisé.

« Alors c'est lui Zoro, hein ? Ces cordes ont l'air faciles à briser... »

Son nouvel ami aurait beau tout mettre en oeuvre pour empêcher l'idée de prendre racine qu'il n'aurait su y changer quoi que ce soit. Non que ce soit une surprise : à compter du moment où le gagner à sa cause avait été envisagé, il ne viderait point les lieux avant d'avoir pu jauger de sa valeur. Néanmoins, le bougre s'y connaissait pour ce qui est de faire forte impression : tout ficelé qu'il soit à son poteau, la force que véhiculait son regard en imposait suffisamment à elle seule pour faire trembler dans ses chausses le commun des mortels. Par bonheur, Luffy n'avait rien d'ordinaire ; s'il devait frémir, ce serait d'exaltation. Si les risques de mort contre lesquels Kobby le mettait en garde l'indifféraient, du moins se mit-il en devoir de le rassurer de l'une de ces mines bienheureuses qu'il lui connaissait bien désormais.

« T'en fais pas. Il peut pas me tuer... Parce que je suis fort aussi ! »

Et il n'avait besoin de rien d'autre pour se sentir pas seulement en sécurité, mais aussi – et surtout – en confiance. Car s'il devait bien admettre que l'aura du chasseur de primes irradiait d'hostilité aussi nettement que s'il en voulait à tout et tout le monde, ce qui, dans sa situation, n'aurait été que logique, le natif de Fuschia ne lui voyait pas un mauvais fond. Aussi inclinait-il à accepter sa proposition, quand bien même il aurait été curieux d'apprendre les circonstances qui l'avaient mené tout droit sur cette croix de bois. Mais avant même qu'il ait pu poser le pied sur la cloison, le heurt sonore d'un objet heurtant le mur à sa droite lui fit tourner la tête en sa direction. Le corps étranger s'avéra être une échelle, que s'empressait de gravir une fillette ne devant pas être plus âgée que lui à l'époque où il s'était infligé sa cicatrice.

Paraissant ne pas même les remarquer, si ce n'est l'incitation au mutisme qu'elle eut pour eux d'un doigt sur ses lèvres, elle les devança en sautant de l'autre côté avec toute l'intrépidité que les enfants de cet âge ont coutume d'arborer. Ils se croient immortels. Sans afficher la moindre peur à l'endroit du Chasseur de Pirates, c'est même vers lui qu'elle se dirigea, trottinant aussi vite que ses jambes le lui permettaient. Durant le mince intervalle qu'il lui fallut pour arriver à sa hauteur, Luffy remarqua un paquetage non-identifié sous son bras. Si ses yeux ne pouvaient voir à travers la matière, son odorat, lui, ne saurait mentir, à tout le moins quand la nourriture était de la partie. Coupé dans son élan par son intrusion, il ne bougea pas un cil, la suivant du regard – plus perplexe qu'inquiet à son sujet. Même les exhortations de son complice à aller la sauver ne lui firent pas lever le petit doigt.

« T'as qu'à y aller toi-même. » rétorqua-t-il, impavide.

Non, Chapeau de Paille ne pensait pas qu'il y ait à s'en faire pour elle. Ce n'était de toute façon pas comme si le prétendu « monstre » risquait de lever la main sur elle, saucissonné comme il l'était. Et même sans cela, aussi sinistre qu'il puisse paraître aux yeux de certains – Kobby en étant le meilleur exemple -, l'apprenti-pirate ne le pensait pas un seul instant à même de s'en prendre à un enfant – une qui plus est. Qu'une gamine de son âge puisse foncer vers lui sans doute ni frisson ne devait, du reste, pas être dépourvu de raison. Sa curiosité n'en fut que plus vive, la seule eau susceptible d'en éteindre les braises étant celle de la vérité et du savoir. En revanche, s'il n'aéprouvait pas la plus petite once de méfiance envers l'homme au bandana, le parfum fétide de suffisance qui lui parvint quand le grillage s'ouvrit sur le passage d'un tout autre cortège ne serait pas long à l'y disposer...


« So, you don't like to get hit, huh ? Well, you're about to have a very bad day. »



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Zoro le chasseur de pirates - [Shell Town]

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