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 Leçon 101 : Guide de comportement en société. Ne pas reproduire.

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Andhak-Bal Raj
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MessageSujet: Leçon 101 : Guide de comportement en société. Ne pas reproduire.   Mer 9 Avr 2014 - 7:07

Pour une rare fois dans le coin, le silence semblait avoir trouvé le moyen de se faire une place. C'était dire si ce genre de truc arrivait presque jamais. Mais forcément, avec les évènements récents qui avaient pris par surprise la marmaille glapissante comme un coup de bâton dans les parties, il devait sans doute y avoir matière à faire acte de fermer sa gueule. Les rues normalement animées de Mock Town étaient soit désertes, soit peuplées d'individus qui auraient presque pu faire office de fantôme vu leur pâleur. Décidément, c'était bien le genre d'un corsaire, Doflamingo de surcroit, que de faire chier toute une population dans son froc après une démonstration pour punir un subordonné mal dressé. Le Joker avait le sens du spectacle, après tout. Du coup, c'était comme si la semaine des enterrements avait démarré sur la communauté locale, rien n'osant percer le silence étouffant de-

'' QU'EST-CE QU'Y VIENT DE DIRE, L'AUTRE TOCARD!? ''
'' Où ça, un tocard? ''
'' ATTENDS UN PEU, J'T'EN FERAI MOI, D'INSULTER L'PATRON! ''
'' Quoi, celui qui s'est fait défoncer la gueeEEEEH! ''
*CRASH*

Et un énergumène qui sort en vol plané par la fenêtre, un! En provenance directe de l'un des principaux pubs populaires du centre-ville, une bagarre venait visiblement de démarrer. Ou un règlement de comptes. Ou une simple rouste à une grande gueule. Sur Mock Town, ce genre de chose avait tendance à revenir au même en bout de ligne. La seule chose qui déterminait si une baston avait des chances de faire un bon divertissement, c'était ceux qu'elle impliquait. Et si deviner l'intérêt dont était digne le type roulant dans la poussière avec agilité malgré une mauvaise chute tête première, on ne pouvait pas lui enlever que sa tenue attirait l'oeil. Un mélange de couleurs, chaudes et froides en harmonie, de quoi attirer l'oeil. Quoique s'il fallait choisir, c'était sans doute le fait qu'il venait de se prendre la façade du bâtiment d'en face en pleine figure en guise de frein qui le rendrait intéressant. Les pitres, les gens aimaient bien ça. Dans tous les cas, et en attendant qu'un public daigne apparemment se rassembler, l'acrobate pivota sur lui-même, de manière à se retrouver assis contre le mur qu'il venait d'embrasser avec une passion bien accidentelle. Pour aussitôt se rendre compte de la présence de deux vieillards à ses côtés, l'un sur la gauche, l'un sur la droite. Tous deux confortablement installés dans leurs chaises mutuelles sur la véranda, le fixant en silence, l'un mâchant un brin d'herbe alors que l'autre tirant une bouffée d'un large cigare. Visiblement, il avait au moins eu la chance de pas faire une partie de bowling impromptue avec les représentants de l'âge d'or du coin.

'' Désolé du dérangement, messieurs, j'vous laisse à votre tranquilité. ''
'' Un problème, mon gars? ''
'' Comment? ''
'' T'as l'air d'avoir mis Travis en rogne là-dedans. ''
'' Qui ça? ''
'' Travis. Celui qui traine un air d'attardé et qui gueule. ''
'' Va falloir être plus précis que ça. ''
'' Y t'as balancé par la fenêtre, à première vue. ''
'' Ah, ouais. Lui. ''
'' Faut pas lui en vouloir, il est en deuil, le pôv' p'tit gars. ''
'' De quoi? ''
'' Ouais, il a pas encaissé la correction que Joker a infligée à Bellamy. ''
'' De qui? ''
'' En même temps, c'était violent comme truc. ''
'' Hem, les gars? ''
'' Tu m'étonnes. Cette vieille hyène de Bellamy a été recyclé en bêche pour paver le chemin, ouais. ''
'' C'est que j'en ai un peu rien à foutre, voyez? ''
'' Hah! Si seulement, au moins la route serait pas que d'la caillasse. ''
'' Je vais retourner au pub, si ça dérange personne. ''
'' Tiens, parlant de caillasse, t'as entendu parler de ce qui est arrivé à l'étal de Mathias? ''
'' Bonne journée! ''

Un des pires pièges du monde : les discussions de l'âge d'or. Même un escargophone qui tourne les nouvelles mondiales en boucle va tomber en panne de ragots avant un duo de vieilles croûtes qui ont que ça à foutre, causer des malheurs des autres. Aussi, laissant les bruits de la discussion en question s'éteindre peu à peu dans son dos, Raj parcourut rapidement la rue principale pour se retrouver sur le pas de la porte de l'établissement d'où il avait été chassé de manière si peu conviviale. Pour être franc, on pourrait pas dire qu'il avait jeté la première pierre. Mais c'était pas pour autant qu'il s'empêcherait de lapider à mort en guise de réponse. Faut pas non plus déconner.

Ainsi, le jeune homme poussa énergiquement les battants délimitant l'entrée du bâtiment, plongeant dans l'atmosphère enfumée pour une seconde fois cette même journée. Or, cette version de l'évènement avait un but tout autre que sa soeur qui l'avait précédée.

'' Eh, Travelo! ''
'' MON NOM C'EST TRAVIS, D'AB*BAF* ''

Parce que la diplomatie ça va bien un moment, mais faut pas déconner. Et puis il était où, son compère de beuverie à la carrure d'ours des montagnes, hein?


~¤'°'0’°'¤~

Quatre-vingt-seize? Non, un peu plus que ça. Peut-être quatre-vingt-dix-huit, voire même de quoi atteindre le chiffre centenaire, ce qui était un défi pas évident. N'empêche, il fallait voir les détails et tout, les contours et les suppléments par-dessus pouvaient donner une fausse impression au simple regard. Dommage que les choses les moins évidentes doivent toujours être évaluées avec les yeux, un bon contact tactile fait toujours bien le boulot pour les impressions. Mais là, ce que Raj avait devant lui, c'était un cas d'expert, réellement pas d'la p'tite bière. Un truc unique, qu'on ne voyait qu'une fois dans une vie. Peut-être deux, si une divinité de la chance quelconque daignait vous faire un clin d'œil pour agrémenter votre vie un brin. Ça semblait ferme, mais pourtant souple, y avait de quoi être confus. Et c'était surprenant de constater que malgré tout ce qu'il avait devant les yeux, y avait aucune déformation, aucune faiblesse, rien. Impressionnant.

Mais sérieux, comment cette secrétaire du port elle faisait pour vivre avec une poitrine pareille?

À peine arrivé sur l'île, Raj avait passé plusieurs minutes à se pencher sur cette question, pour ne rien cacher. Il aurait d'ailleurs continué si la concernée n'avait pas fini par le remarquer et envoyer deux types à l'allure de gorilles enragés pour l'interpeller. D'ordinaire, c'est le symbole universel qui signifie qu'il est temps de foutre le camp. Dommage. Après, c'était pas non plus sa faute si cette fille avait décidé d'enfiler une veste à décolleté le matin même, hein. Il ne faisait que complimenter les efforts. Est-ce que c'était réellement un tord? Bah, c'est des trucs qui sont pas utiles à savoir à la longue. Toujours est-il que sur ces pensées, Raj finit par émerger d'une rue parmi tant d'autres au beau milieu de ce qui semblait être une place marchande. À la bonne heure! Passé le patatras des douaniers avec un mat entier dans l'fion, place aux joyeux lurons qui jouaient leur jeu d'acteur pour faire passer leur marchandise pour de la qualité. Et la majorité d'entre eux avaient visiblement jamais travaillé leurs compétences sur mieux que des bigleux de première. À moins que ce soit la clientèle qui avait pas la tête au marchandage. Pas joyeux comme ambiance au marché. Mais bon, on fait ce qu'on peut avec ce que la vie nous donne.

Quoiqu'en fait, il devenait de plus en plus évident à chaque pas que la majorité des gens dans la rue n'avaient vraiment pas la tête aux emplettes, en fait. Comme quoi la première impression reste souvent la meilleure. Quoi, est-ce qu'il s'était passé quelque chose de grave dans le coin récemment? Parce que des gueules d'enterrement pareilles, on garde ça que sur le court terme, à moins d'aimer vivre dans la dépression la plus totale. Que le ciel lui vienne en aide, il espérait bien ne pas être tombé sur une île de ce genre. Il avait déjà vu une île où la coutume la plus populaire, c'était les enterrements. On les aurait crus limite insultés quand vous vous montriez dans la rue en portant des couleurs sur le dos, c'est dire. Mais trêve de pensées décousues ; il verrait à s'informer sur les nouvelles du coin, tiens. Devait bien y avoir un moyen de savoir ce qui imprimait aussi fortement la poisse sur l'expression de la moitié des habitants.

Passant entre les étals en s'arrêtant pour chopper un peu d'herbe pour sa bonne pipe, Raj put admirer aux finales des produits qui semblaient pas tant être de la camelote que ce qu'il aurait pensé. La vache, c'est qu'ils avaient du vrai matériel dans le coin, la classe! Même un métallurgiste qui faisait son numéro à de gosses, un ingénieur à l'oeil fou mais aux mains visiblement habiles, des fournisseurs de toutes sortes et...oh bordel. Le mouvement de Raj fut figé sur place, pour finalement se tourner face au bâtiment qui causait un émoi grandissant sur sa personne. Un bâtiment grand, aux airs carrément puissants, avec une pancarte suspendue disant ''Chez Ambroise'' au dessus de la porte. Une auberge digne de ce foutu putain d'merde de nom! L'acrobate écarta les bras, comme pour embrasser cette vision bénie, finissant ensuite par joindre les mains. Il en aurait presque versé une larme pour un peu. Des larmes d'homme hein. Le v'là, l'endroit parfait pour allier recherche d'informations et soirée mondaine comme il les aimait. Et pour couronner le tout, la porte ouverte put le laisser voir un grand gaillard à la peau basanée passer devant la porte, aussitôt suivi d'une serveuse aux formes de déesse du Sud passant avec un plateau de choppes remplies.

Aucun doute, il l'avait trouvé. Le putain d'Paradis!
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Marcellus Gangi
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MessageSujet: Re: Leçon 101 : Guide de comportement en société. Ne pas reproduire.   Mer 9 Avr 2014 - 16:02

Le soleil montait de plus en plus haut dans le ciel, se synchronisant à l’agitation de la petite cité qui allait à son tour en s’accroissant. Entre pirates, putains, marchants et enfants, on pouvait observer une agitation au sein de Mock Town depuis l'apparition d'un Corsaire. On peut noter d'ores et déjà corps de ce cercle très fermé que sont les Shichibukaï. Le Prince incontesté de la New Era était venu lui-même en personne dans ce taudis que représente la ville pour laver l'affront envers son Jolly Roger qu'avait commis un de ces laquais. Le puissant et préstigieux Donquichote Doflamingo avait la théâtralité dans le sang à n'en douter. Depuis son passage riche en rire fugaces et violence, l'agitation était prédominante sur la ville et tout le monde ne parlait que de ça. Forcément se trouver dans une taverne faites de vauriens pour des vauriens par des moins que rien, ça n'était jamais de bon augure en ces périodes de jacasseries allant bon train. La tension dans ce genre de lieu est toujours plafonné, mais là c'était encore pire. Cris. Hurlements injurieux, beuglements haineux et emmêlés par l'ivresse. Les mots n'ont aucun sens, mais blessent, mutilent. Marcellus hurle. Les bruits sont trop forts. Ils massacrent ses tympans.

« PARSEMBLEU ! T'VAS FERMER TON CLAPET TOCARD ! »


Des choses se passent. C’était là l’un des concepts de base de l’univers, un des fondements sur lequel toute sa structure reposait. Un amoncèlement d’évènements qui se produisaient sans cesse, surgissant du vide et séparant le monde du néant. Et ces évènements déclenchaient des réactions, qui à leur tour demandaient des réponses. Un grand ballet de cause à effet, où les danseurs étaient rarement gracieux et où il était très facile de se prendre les jambes dans le tapis du cosmos. C’était cela, ou bien le simple fait que les dieux avaient un sacré sens de l’humour tordu. Toujours était-il qu’une combinaison sans doute complexe d’éléments avaient amené ces brigands à ce point précis, en ce jour particulier, à ce moment présent.

C’est à ce moment que le silence se fit.

En effet, l'insulte sort de sa bouche comme une mélopée tordue et paranoïaque. Il faut trouver une solution. Ses lèvres se tordent, sa voix éclate, impérieuse et puissante. Un ras le bol considérable commence à lui hérisser les poils de la barbiche. L’arrêt brutal de l’éclat de voix avait fait taire un détracteur s'apitoyant sur le sort d'un dénommé Bellamy, ce qui avait fait retenir son souffle à l’assemblée tandis que la tenancière se demandait déjà si elle allait devoir racheter des meubles, voir même un parquet. Tout le monde vint à fixer l’étrange couple que former Marcellus et son camarade bien vêti sans rien dire, se lançant par moment des regards apeurés. Les forbans avaient déjà braqués leurs yeux sur ceux du basané. Il était là le signal… Faut dire que le maître coq était un peu lunatique, bipolaire par moment même… Et quand il cessait de rire aussi brutalement pour poser un regard fou sur quelqu’un l’issue était toujours incertaine. Alors hurler dans la direction d'un bois-sans-soif ne présageait rien de bon.

La cohue éclata sans crier gare, et celui qui avait perdu de sa prestance de par l'insulte vint à faire le premier pas dans ce jeu de jungle parquet. Un grand coup qui fut malheureusement prit par un hors-la-loi qui n'avait rien demandé. Le guss avait visiblement un bon crochet, puisqu'il fit valdinguer ce bon historien à travers la fenêtre. Marcellus éclata d’un rire gras, tonitruant dans le silence, avant de frapper un grand coup du plat de sa main dans la tronche d'un gars.

« Hey tocard, t'penses faire quoi là en agitant tes bras aussi imposant qu'une paire d'allumettes sur mon pote ?! EEH ? REPONDS petite giclée d'foutre d'cul d'jatte béjaune ‼ »


*PAF*

L'insulté replaça une de ses chevalières de diamant qui avait sans doute glissée sous le choque de la droite qu'il avait infligée à ce pauvre sans-pantalon. Sa tête heurte le sol et les miroitements explosent dans ses tempes. Le pirate se relève tant bien que mal, l’alcool court comme un perdu dans ses veines et lui monte à la tête. Il respire la douloureuse ivresse de sa présence dans son sang. Lui semblant que son esprit flotte doucement au dessus de son corps. Ah. Non, c'est pas à cause de l'alcool, c'est être fou de rage tient.

*SBAF*

« Bande d'Garde-côtes à la mie de pain... J'vais vous passer l'envie d'geindre et d'm'emmerder moi et mon pote ! SALOPERIE D'TOCARD ! »


Bon au moins ça avait le mérite d'être clair, Marcellus ne rit plus. Il voit rouge. Ses membres nerveux s'agitent, se ruent sur les deux corps les plus proches de lui, il les empoigne possédés par la rage. Gangi hurle. Sa voix est rauque, brisée, démente. Il a perdu la tête depuis bien longtemps. Rouge. Rouge. Rouge... Ses mouvements sont lourds. Sa tête est lourde. Il a soif. Pas vraiment soif, mais il ne peut empêcher ses mains d’attraper les verres et les bouteilles, ni ses lèvres de les vider avec gourmandise. Ouais il est gourmand en cette journée, d’ivresse et de danse de la boxe. Retournant vers la piste et vacille sans s’en rendre vraiment compte. Regardez le, il valse et il tangue sous la lumière. Les visages tournent autour de Marcellus. A qui sont-ils ces visages qu'il écrase de son poing ? Chaque battement de paupière révèle un nouveau regard sur lui. Le sang coule, sublime. Il gicle, s'écoule sur le sol glacé et poisseux. C'est le sang de tout le monde. Le sien, le leur. Il glisse, rampe, tâche les peaux et rend fou. Qui frappe ? Qui est frappé ? C'est la zizanie totale et on voit plus rien, le pauvre bougre qui rentrerait à ce moment là discernerait pas grand chose à part les quelques gueux en retrait dont le fameux tocard.



.•°°•.•°°•.•°°•.


Ratatatata.... Ratatataaaaa... Son du tondage de poils nasaux made in Marcellus. Son gros doigt dans le nez tournoyer à la vitesse d'une taille-haie pour rafraîchir le tout et lui permettre de sentir un peu mieux l'odeur de cette ville attrayante. La journée battait enfin son plein sur Mock Town. Les voix des crieurs du matin s'étaient pour la plupart tues, et les esprits végétaient, victimes de leur propre névrose. A l’extérieur gisaient les témoins passifs de leur dépravations, bouteilles fendues ou à moitié pleines, poisons insidieux, œuvre du Malin. On croyait apercevoir, au détour des ruelles, les jupons malodorants de quelques catins désordonnées, leurs attraits dépouillés de toute vertu, si ce n’est de tout charme. Les fenêtres étaient closes, les portes verrouillées de l’intérieur, comme pour dissimuler leur complicité. Toutes n’attendaient que la disparition d’Apollon pour étendre à nouveaux leurs ailes sur la place, et déverser leur fiel en perpétuel renouveau.

Ses pieds nus, même aujourd'hui il ne peut se résoudre à porter des chaussures, savouraient la fraîcheur poisseuse des pavés, habitués à cette saleté qui colle à la peau. Épuisé de tourner en rond depuis sa fraîche arrivée il y a peu, l'acteur sans fin errait de rues en rues, son sourire tordant ses lèvres en une grimace grotesque. Et puis, la Fortune, douce amie qui porte les marins dans ses hasardeuses vagues, poussa ses pas vers cette rue plus qu'une autre. Un rire amusé se coinça dans sa gorge, et un simple sifflement ironique se faufila hors de sa bouche. Ca sentait bon par ici, ouais. C’était l’une de ces ruelles dont le contour sinueux rendait la numérotation hasardeuse et qui, semblant s’arrêter brutalement entre deux façades de bâtiments bien trop proches, reprenait plus loin son tracé avec la sournoiserie caractéristique de l’architecture urbaine. Une petite rue comme tant d’autres sur Mock Town, étouffée par les pierres humides d’obscures édifices et rendue irrégulière par l’hasardeuse disposition des pavés. Oui, c’était l’une de ces rues au sol si caractéristique qu’elle en devenait reconnaissable rien que par son contact sous la plante des pieds, pour peu que l’on porte une paire de chausses assez fines. Peu fréquentée, notamment parce qu’il aurait été difficile pour deux personnes de front de se croiser et que même les plus sales des mendiants auraient hésités à se frotter le long des murs crasses ; la ruelle était épargnée par le tumulte du marché, l’écho de ses éclats de voix venant mourir ici dans une lente agonie.

Sordide était assurément un bon mot pour décrire la petite rue, au moins, l’endroit était relativement sûr : peu de malandrins auraient eu la place de s’y terrer pour tendre une embuscade aux passants. Dégainer quoi que ce soit dans un espace aussi étroit était à peu près aussi sûr que de se raser dans le noir complet, et il était difficile de se battre quand on ne pouvait même pas donner un coup de poing sans s’écraser le coude contre un mur. Cette ruelle n’était même pas digne de servir de raccourci ; trouver la volonté de s’y engager prenait au moins autant de temps qu’en faire le tour. Le problème quand on a la carrure d'un dinosaure, c'est qu'on reste coincé dans ce genre de tunnel pour souriceaux. Un « SACREBLEU J'SUIS COINCE » vint à sortir de sa bouche. Tournant la tête dans toutes les directions, voir si quelqu'un ne pourrait pas lui venir en aide, puis il attendit avant de rigoler un bon coup. Bon, il avait voulu sortir du marché et des grandes allées, il pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Qu'à cela ne tienne, il commença à donner des grands coups dans une maison pour se dégager. BOUM... BOUM... BOUM... Voilà, quelques planches, briques en moins pour dégager son bras. Un peu gêné d'avoir fait un trou dans la demeure d'une donzelle visiblement en train de prendre soin de son hygiène corporelle, il lui fit un petit clin d'oeil en s'excusant... *PAF* Et une gifle, une !

Quand on est un homme, on va jusqu'au bout, alors tel un égyptien se déplaçant à l'horizontal en pas chassé, il remonta la rue jusqu'à l'allée centrale. Ici c'était le jour et la nuit, une pure cacophonie. Bon sang, comment des gens aussi maigrichon, lesquels auraient eu droit à une radiographie en positionnant une bougie dans leur dos, pouvaient avoir une si grande énergie dans la voix. Nul doute que ça devait être grâce à la boisson locale dans la tête du sans-pantalon. Par chance il repéra une enseigne "Chez Ambroise". Il ne se fit pas prier pour y rentrer.

Chez Ambroise a, à défaut d'être salubre et douillet, l'avantage d'être un lieu de beuverie et de détente plus ou moins agréable. Bien sûr, le parquet grinçant et sombre est rongé par les mites, et les fenêtres crasseuses laissent passer bien peu de lumière. Les épaisses volutes de fumées, s'échappant des pipes des marins, ainsi que les effluves capiteuses et sucrées de l'alcool envahissent la pièce, la rendant presque étouffante. Mais, c'était les caboulots comme ça qui avaient du charme aux yeux d'un pirate. La Taverne est certes sale, enfumée, alourdie par les rires gras, mais elle a le mérite de contenir en son sein la vie presque entière des pirates et l'idée que les gens se font d'eux. Des idées dures, cruelles, au goût de la terre, du sang et des regrets, mais une idée quand même. Les préjugés sont un boulet, accroché à l'esprit, que le maître coq traîne, fatigué, épuisé, depuis dix ans. Ou est-ce plus ? Ou moins ? Comment le savoir, quand on a pas de naissance, pas d'âge, pas même de nom. Alors qu'importe, il traîne ce fardeau, comme tout le monde, catin, noble, pirate ou chiens de l'État... L'imposant indigène pirate le sait, il porte le sac sur ses épaules, supporte sa vie, ses douleurs, ses envies, et continue sa route, son rêve. L'acteur perpétuel, perdu dans une marée sordide de rôles complexes et tordus, qui se mêlent, s'effleurent, se mutilent entre eux. Et là, perdus dans la masse de forbans soûls et de putains gloussantes, il ferme les yeux, et respire l'odeur de sueur, de saleté et d'alcool, qui envahit ses narines. Le temps d'un soupir, le temps d'un regret, il s'enivre de cette taverne puante, de cette ambiance lourde et grasse, comme pour se sentir dans son élément.
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Andhak-Bal Raj
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MessageSujet: Re: Leçon 101 : Guide de comportement en société. Ne pas reproduire.   Jeu 10 Avr 2014 - 3:35

'' Et comment tu t'appelles, sinon? ''
'' Scarlet. ''
'' Quel joli nom. Et tu bosses ici depuis longtemps, Scarlet? ''
'' Bientôt trois mois. ''
'' Ouah, tout ça. Et sinon, tu fais quoi en sortant du boulyYYOOOOH MAIS ÇA VA BIEN CINQ MINUTES, OUI!? ''

Accoudé à une table face à un joli minois pas plus tard que cinq secondes plus tôt, le v'là qui repoussait maintenant à grand force de coups de pieds au nez le malotru qui le tirait par l'autre jambe, un air mauvais sur le visage. Prenant par la suite appui sur ses mains, l'acrobate se propulsa en un salto arrière, envoyant par la même occasion le talon de son pied libre sous le menton de son agresseur. Sans déconner, y a plus rien de sacré pour certains hommes, on dirait. À croire qu'on peut même pas faire preuve de politesse envers une jolie fille au milieu d'une baston générale sans que ça dérange quelqu'un. Bande de malotrus, tous autant qu'ils étaient. Et encore plus pour son compère bronzé qui défonçait les gueules à la dizaine en tournoyant comme un ahuri, mais vu qu'il était de son côté, ça passait pour le coup. La preuve, le type qu'il venait de repousser s'était aussitôt ajouté à la liste des bouffeurs de parquet, gracieuseté de sieur Marcellus et le marteau qui lui faisait office de poing. D'ailleurs, une occasion de rendre la pareille se présentait, visiblement.

Sprintant sur quelques pas, en posture basse au ras des tables, l'historien trouva rapidement son chemin vers un des brigands agressifs du coin, qui avait décidé de sortir un couteau de chasse de sa ceinture. Mais c'est qu'il décidait de pas la jouer franc jeu, le lascar. Grand bien lui en fasse, il allait comprendre les règles du jeu. Bondissant dans les airs, Raj passa soudainement dans le champ de vision du gaillard, empoignant ses épaules en passant par dessus lui.

'' Pas d'armes dans le ring! ''

Puis vint la meilleure partie. Emportant par son élan le malotru qu'il avait agrippé, l'acrobate se lança dans une roulade, pour se retrouver sur le dos avec sa victime projetée vers l'avant. Les pieds au torse, et propulsion sans sommation. Vol plané sur deux ou trois mètres, direct dans le comptoir du bar. Et l'instigateur qui termine son exécution, se retrouvant sur ses pieds comme une fleur avec une courbette à un public inexistant. Courbette qui aurait été gracieuse s'il n'avait pas failli perdre l'équilibre, victime d'un soudain étourdissement. Ah mais non! Il allait certainement pas commencer à tomber ivre en plein milieu d'une performance. Secouant la tête, l'acrobate chassa le malaise aussi vite qu'il était arrivé. Et la touche finale, pointant du doigt la victime de dernière heure au visage teinté d'un mélange de douleur et d'incompréhension.

'' Pénalité! ''

Ouais, c'était une réplique de merde, mais il allait pas s'empêcher d'en être fier pour autant. Or, il n'allait visiblement pas avoir le temps de se noyer dans sa fierté mal justifiée, parce que forcément, à faire du spectacle, on attire l'attention. Comme le démontrait le type qui s'appliquait à lui asséner un coup de chaise dans les environs du visage. Merci les réflexes, et hop on tombe accroupi au sol. Et pourquoi pas profiter de l'occasion pour faire un croche-pied à ce sournois personnage et sa chaise démoniaque, pendant qu'on y est! De retour sur ses jambes, Raj s'assura d'ailleurs de faire une rencontre éclair entre sa semelle de bottes et le visage du vicieux bonhomme pour faire bonne mesure, avant de finalement se retourner pour constater l'état de son camarade de baston. Lequel se débrouillait vraiment bien, dans son style d'ours en furie. Un coup par-ci, un coup par-là, le tout avec l'art de fracasser les nez et les gencives. Quel sympathique gaillard. La preuve, même les deux types du fond avec leurs carabines avaient l'air de n'avoir d'attention que pour sa grosse carcasse. Hah! De sacrés petits plaisantins, ces ga-OW SHIT.

S'il avait été dans une compétition de saut au ralenti, une table entre les mains, pour bloquer le tir de deux carabines de justesse et ainsi sauver les problèmes récurrents aux omoplates de son copain de bagarre, il aurait remporté la palme. Et haut la main, merci. Pas que la table ait stoppé les balles, mais elle avait au moins eu le mérite de dévier leur course dans un mur. Et tout ça, sans même abimer la tenue de l'acrobate, ça méritait bien des points bonus, tout ça. Performance de maître, mesdames et messieurs les juges! Mais bon, clairement, ce genre d'improvisation signifiait une chose : le coin commençait à être étroit. Et dangereux.

'' Eh, Marcellus! T'aurais pas envie de trainer l'évènement dehors, des fois!? ''



~¤'°'0’°'¤~

Mais qui était le psychopathe qui avait laissé trainer une carabine sur le pas de la porte pour que n'importe quel guignol se prenne les pieds dedans, hein?

Vol plané, quadruple tonneau, rebondissement sur le ballon de plage qui faisait office de ventre à un poivrot dans la trajectoire, pour finir le haut de la figure contre un rebord de table. Et étalé par terre, appuyé sur une table renversée pour le finish. Si c'est pas de l'art, ça. Quoique sans rire, pour un acrobate dans son genre, on aurait cru qu'il avait eu les jambes sciées depuis qu'il était sur cette île à force de conneries du genre. Mais peu importe les trucs qui lui arriveraient, il faudrait lui couper la langue, les bras et les jambes pour empêcher Raj de commander sa potion de vie par excellence. Rien ne saurait le distraire de...olà, mis à part peut-être les jolies jambes de la serveuse brunette qui passait. Si bien que d'un air déterminé à demi-sérieux, l'historien s'en retrouva presque à se laisser tomber au sol pour suivre des yeux la paire de cuisses qui avait attiré son attention. Mais c'que le monde est beau, sérieusement. Tout en se relevant, Raj avisa les regards réprobateurs des types dont il avait bousillé la table. L'une des pattes plus précisément, dont il manquait un morceau. Un instant perplexe, l'énergumène empoigna une choppe vide d'un haussement d'épaule, releva la table et disposa la choppe à l'envers pour ensuite remettre le reste de la patte cassée par dessus. Après quelques bonnes claques sur la rescapée, il se contenta d'un sourire guilleret aux hommes concernés, avant de se diriger vers le comptoir.

'' Patron! J'vous prend un brandy bien foutu, et laissez la bouteille! J'suis d'humeur à fêter! ''

Et rien de plus pour faire naître une lueur d'intérêt dans l'oeil de vitre d'un barman ennuyé par sa routine quotidienne. L'archétype du mec enjoué à plumer, tout le monde connaissait ça, et de façon très intime. Les proprios les chouchoutaient. Les femmes les courtisaient. Et les bandits tentaient de leur soutirer du blé en leur mettant une lame aux burnes. Après, le gros du jeu consistait à déterminer qui dans l'assistance du bâtiment allait remplir quel rôle. Les serveuses entraient dans la catégorie des allumeuses sans problème, à se trémousser de cette façon. Cet endroit devait être le bar de qualité du district, pour se chopper toutes les belles donzelles de vingt ans à forte poitrine. Après, c'est ce qui fait que la moitié de la clientèle revient. Quand à l'autre, elle s'est simplement fait mettre dehors auparavant par le gorille aux airs menaçants sirotant son verre dans un coin, derrière le bar. La sécurité était sur les lieux, noté. Et finalement, pour ce qui était de la question des braqueurs, bah... y avait bien assez de poivrots, de joueurs malchanceux et de défoncés pour remplir les places disponibles. Bref. Le barman était déjà là, il manquait plus qu'à voir qui des jolies filles ou les truands aux gueules de trolls qui arriveraient en premier.

...Sauf qu'un truc clochait, en fait. Car en dehors du barman qui semblait plus que guilleret de pouvoir enfin faire quelque chose de sa carcasse, personne d'autre ne remuait. En fait, il régnait un silence digne de funérailles dans l'établissement. Les cartes tombaient mollement sur les tables, les filles ne gloussaient pas, les poivrots ne gueulaient pas des chansons paillardes avec entrain. C'était louche, tout ça, et pas qu'à moitié.

'' Eh dîtes, patron! Y a quelqu'un qu'est mort dans le coin, ou c'est l'humeur habituelle? ''
'' Shhhh! Pas si fort! ''
'' Quoi, c'est illégal de dire que les gens ont une tête d'enterrement, dans le coin? ''
'' Illégal, p'têtre pas. Mais crois-moi quand j'te dis que tu veux pas que la bande du fond t'entendes causer comme ça, le jeune. ''
'' Lesquels? ''
'' Hein? ''
'' Bah y a quatre coins dans un bâtiment, non? ''
'' Tsk. C'est ça, fait l'malin! ''

Et le voilà parti, l'air bougon. Et tout ça pourquoi, parce qu'il avait posé une question tout à fait légitime? Mauvais joueur, il avait qu'à retourner se cacher, ouais. De toutes façons, il avait laissé la bouteille... sans demander de paiement sur le coup. Grave erreur. On croirait qu'un tenancier dans ce genre d'environnement en viendrait à songer que demander un paiement d'avance, c'est que du bon sens. Mais non, ça préfère le fait de s'offusquer pour un rien en laissant une bouteille dernière. Grand bien lui en fasse, il reverrait jamais le contenant en question.

Cependant, Raj n'était pas dupe pour autant ; l'endroit était bel et bien rempli de rageux à l'orgueil blessé - par quoi au juste? - qui n'attendaient qu'une raison pour se défouler sur le premier truc qui leur passerait à porter de main. Ou la première personne, vraisemblablement. Autant faire en sorte de ne pas être cette personne. Ou encore mieux, ne pas être seul s'il devait jamais devenir cette personne. Et puis, devait bien y avoir un type à l'allure moins renfrognée qui serait partant pour un verre gratuit. Il suffisait de procéder par élimination. Ce qui fut vite fait, entre le barbu obèse à la hache, les mecs à l'allure de croquemorts sirotant un thé vert et le borgne qui sculptait un bout de bois au couteau en le fixant d'un air vide. Comparé à eux, le colosse à la peau sombre et son sourire imprimé au visage avait l'air d'un vieux pote d'enfance. Le genre de gars qu'on revoit après dix ans d'absence en se rappelant de la fois où on a mis une bouse fumante dans les bottes de la maîtresse.

Allez, vendu. Levant la bouteille à bonne hauteur, l'acrobate harangua l'énergumène sitôt que ce dernier eut terminé de renifler bruyamment l'air de la place. Il se prenait peut-être un bon trip sur la fumée secondaire et le parfum pas cher, allez savoir.

'' Eh mon gaillard! J'ai une bouteille neuve à vider, t'as envie de me filer un coup de main? ''

Et pourquoi il irait partager une bouteille comme ça avec un parfait inconnu, hein? La réponse est simple, vraiment.

Et pourquoi pas, justement?


Dernière édition par Andhak-Bal Raj le Jeu 17 Avr 2014 - 3:15, édité 1 fois
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Marcellus Gangi
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MessageSujet: Re: Leçon 101 : Guide de comportement en société. Ne pas reproduire.   Ven 11 Avr 2014 - 0:24

*BOUM*

Le soudard avala ses dents lorsque sa mâchoire rencontra le bord de la table en chêne massif. La violence du choc se répercuta dans sa tête et l’assomma. Marcellus, car s'était bien lui le responsable de cette opération dentaire, lâcha la tête de sa victime et se redressa de toute sa hauteur, entonnant l'une de ses chansons favorites de son cru. Les camarades du soudard, qui étaient une demi-douzaine, ne se laissèrent pas démonter. Ils n'aillaient pas se laisser humilier par cet imposant pirate, parbleu !

« On m'dit qu'la table mange tes dents ♪ T'es pitoyable tocard maintenant ♪ Mais il faut qu'tu saches mon gars !Qu'en amuse-gueule j't'arrach'rai l'bras !♪♫ »

Le forban étira le bras pour prendre un tabouret et le lança vers ses adversaires. L'arme improvisé alla se briser contre un des murs de la taverne, après avoir frôlé la tête d'un homme et renverser le contenu d'une chopine. Les soulards regardèrent les débris et se retournèrent vers le maître coq. Ils voulaient la peau du basané, cela se voyait. Sans doute pour en faire un manteau pensa Mr. Gangi. Sur un signe de tête qui semblait être une sorte de type bénéficiant d'un charisme certain et d'une influence sur la bande, deux hommes s'avancèrent vers le géant, les poings en avant, dans une posture de combat malhabile. Les têtes des malheureux s'entrechoquèrent violemment, assommants les deux malandrins sur le coup. Mais qu'ils ne s’effondrent par terre tels des poupées désarticulés, le sans-froc les attrapa par le col et les envoya bouler plus loin. Il fit ainsi place devant lui pour ses prochaines victimes et les clients lambda assistèrent au premier baptême de l'air en milieu alcoolisé. Le tavernier, pendant ce temps, regardait d'un air las et dépité la destruction de son mobilier. Il n'intervenait pas. Déjà parce qu'il était trop vieux pour s'occuper de ces conneries, mais aussi parce qu'en ce jour particulier c'était pas le moment de rajouter de l'huile sur le feu. Marcellus lança son pied dans l'aine d'un autre, stoppant sa charge et exterminant la futur longue et noble lignée de poivrots que ce gueux aurait pu enfanter. Et Gaoh était généreux, il lui offrait une carrière de castrat en compensation. C'était le couplet de trop. Travis adorateur du fameux Bellamy en redemandait apparemment, malgré la fraîche droite de l'historien au patronyme imprononçable pour un analphabète comme notre cuistot. Marcellus ricana comme pour signaler un bon retour à son comparse.

*PAF*

Et vas-y que j'essaye de te trancher avec... la baguette de pain. Ce pauvre flibustier avait visiblement trop forcé sur le taffia pour discerner le couteau, du pain. Heureusement pour le receveur. Ce dernier se retourne vivement, et les mèches de feu, tachées de sang, viennent fouetter son visage anguleux, tuméfié et mutilé. Ses grands yeux émeraude luisent d'une colère ardente, qui vient embraser le caboulot de ses prunelles. Des flammes de rage lèchent les tocards qui le prennent uniquement en traître lui ou même pire, son pote de beuverie, alors que ce dernier est occupé à employer sa tchatche entre deux kick distribué.

Sa bouche fine, dont l'alcool a brûlé la chair, et qui est à présent aussi craquelée qu'un mur lézardé par le temps, se tord en un rictus mauvais, et lorsque le Marcellus se relève, ses paupières se serrent, et il darde l'homme d'un regard méfiant. Bon sang, les couards ils détestent ça, soit t'assumes ton service trois pièces, soit tu restes accroupie comme une petite fiotte, mais c'est proscrit par l'honneur d'être une lavette à semi-assise qui attaque. Le gars qui venait de tendre les nerfs du cuistot saoulon à leur maximum n’attendit pas avant de se prendre son poing en pleine figure. Et allez, formation fourmis enclenchée, tous pour un et tous sur lui. Ca semblait être le mot d'ordre, faut dire qu'à ce moment présent voir trois jeunes mousses dont la moustache se dessine à peine sous le bon éclairage se suspendre à des biceps d'homme pour tenter d'arrêter le mouvement... C'est un peu le même principe que contempler des vêtements se sécher et suspendue sur une corde à linge. Et le drame arriva ! Un lancé parfait en pleine partie intime d'une bouteille.

« OOOOOOOOOOOOOOOOOOOH mes aïeux !! »

La guerre est déclarée. C’est un crime de faire ça ! Ces gars-là, on les pend, on leur coupe la langue, on les crucifie et on les envoie en enfer ! Marcellus souffla par le nez comme un taureau, comme il faisait bien souvent, et serra les poings en regardant méchamment les "bloqueurs". Bon, visiblement la baston prenait une telle ampleur qu'il devait y avoir recours. Gangi Style activé. Op op op ♪ Gangi Style ♫ Un grand cri résonna comme s'il venait du coeur. Une interrogation se joint à la stupéfaction, en effet Travis était dans l'incapacité de bouger et le faisait savoir à ces collègues, lesquels accusaient déjà Marcellus d'utiliser un style répugnant. Tsss. Tant pis s'ils sont idiots, y avait rien de dégoutant, son futal, son pire ami s'était enroulé autour de la jambe du tocard en chef, tel un serpent constricteur cherchant à étouffer sa proie. D'un coup sec il tira sur le pantalon... De cause à effet, la victime du falzar tomba à terre. Ni-une, ni-deux Marcellus lui asséna un crochet, et noua le fuseau autour des jambes de l'assommé. En faisant ainsi un objet vivant qu'il pouvait user en l'empoignant, telle une batte de baseball. Round deux, c'est parti ! Ainsi les deux hors-la-loi fraîchement ami, envoyaient valdinguer toute la déco sous les exclamations de l'assemblé et du patron ; tables et chaises et même ivrognes trop déséquilibrés par le choc et la gnôle pour se maintenir sur leur quatre pieds, valsaient sur leur chemin les quatre fers en l'air.

Très amusé de sa Gangi Batte comme il venait de la nommer, Marcellus était tel un enfant le jour de noël ayant reçu ce qu'il attendait, et l'essayant sans attendre. Malgré cela, Raj semblait plus averti de la situation et de la proportion que prenait cette bataille de pirates imbibés. Proposant ainsi une éconduite à l'extérieur. Il était vrai que malgré une bonne résistance de cette montagne de cuisinier, l'espace commençait à se faire de plus en plus petit, et les coups qu'il encaissait, se faisaient de plus en plus nombreux.

« GRYAHAHAHA ‼ J'te savais pas des talents d'navigateur d'baston mon gars, allez vas-y on s'casse d'là ! »

Répondit-il avant de tournoyer sur lui même, de récupérer son futal et relâcher ce fanatique de hyène sans crier gare, l'envoyant s'écraser on ne sait où, permettant de ce fait de gérer les arrières de la retraite du duo.



.•°°•.•°°•.•°°•.



Une agitation sans nom règne sur Mock Town. De nombreux pirates en escale depuis... il ne serait le dire venant de débarquer, encadrés par des insulaires insurgés locaux ratissent ensemble la ville à la recherche d'un Graal perdu. Tout le monde s'est passé le mot, même ceux que la nouvelle n'aurait a priori pas intéressés, et une débandade furieuse s'est rapidement créée autour d'un Corsaire royal ayant foulé le pied de cet îlot quelques heures plus tôt, lançant ainsi une discussion tournant à tour de bras des "Bellamy" à chaque homme, femme ou enfant ne se joignant pas à la foule, et pour cause. Des ivrognes empestant les vapeurs d'alcools forts et d'infâmes piquettes, de la fumée de cigare saturant l'atmosphère, quelques lanternes au faible éclairage, un air de piano continuel, aucun doute possible... Notre héros était assis au fond d'une taverne en plein après-midi. Des boucaniers dansaient sur les tables du fond tels des déments, la trop grande quantité de rhum qu'ils ingurgitèrent commença à faire effet, un triste effet pour certains, un véritable spectacle entrainant pour d'autres. Malgré ce décors bateau, Marcellus ne pouvait que remarquer l'agitation de Mock Town et particulièrement dans la taverne du coin. Il s'accouda au bar et prêta une oreille attentive pour connaître les raisons de ce remue-ménage.

Dans le début d'après-midi, toute la ville reçue la représentation du Flamand. La raison étant encore obscure à son écoute, les ragots allant bon train dans le caboulot. Il devait faire abstraction des "si" et autres théories, pour discerner les précheurs réellement au courant. Un certain Travis, s'auto-proclamant pirate de la nouvelle ère, racontait que son Capitaine Bellamy aurait échoué sa mission de représentant de flibustier du futur. Ce crime inimaginable aux yeux du Shichibukaï, visiblement Maître et mentor de surcroit, ne put rester impuni ! Et l'accusé susnommé la hyène aurait donc prit la râclée de sa vie -deux fois en l'espace de vingt-quatre heures de ce que Marcellus comprenait-. La foule, désemparée, s'est retrouvée devant ce spectacle, dont les murs de moins de trois mètre de haut ne cachent plus grand chose.. Ca avait l'air d'un chiant comme histoire, sérieusement tout le monde parlait que de ça. C'était quoi une île de formation à la piraterie ? Non parce qu'à en écouter l'histoire c'était en somme, le truc lambda qui arrivait tous les jours. Et qu'est-ce que c'était que cette connerie de "New Era". La fin des rêves... Ah d'accord, bonjour je suis un robot de Vegapunk. Non merci ce genre de trucs Marcellus le laisse aux hommes vide, lui il a des ambitions, un rêve et c'est pas une devise d'un chien du gouvernement qui changerait la donne.

Cette mare putride de corps pressés, transpirants à grosses gouttes, c'est comme son chez lui. Une maisonnée bien sordide, habitées par des êtres bien peu aimant. Les larges balafres sur son dos en témoignent. Mais qu'importe, qu'a-t-il de plus ? Chez Ambroise est encore un lieu hostile, inconnu, et le sans pantalon hésitant tente pas à pas d'y faire son chemin. Mais les relents de "Bellamy" commence à lui sortir par les yeux, il vomirait presque à l'entente de ce patronyme s'il avait bu. Les escales sont une pause, une bulle fétide aux allures de fuite. Et Marcellus peut se replonger dans cet univers sale et grivois, où les catins se frottent à lui pour mieux le mettre en cage comme l'esclave qu'il fut. Il soupire, et se redresse du comptoir où il s'était affalé. Un corps voluptueux ondule vers lui, et il croise deux émeraudes pétillants d'envie. La femme se colle, se frotte, et lui murmure à l'oreille. Encore, encore et encore... Elles n'abandonnent jamais. En voilà une de plus, de catin, qui essaie de le posséder, comme mue par un désir malsain de vaincre ses amies à ce petit jeu. Elle pourrait être belle, si son nez n'était pas si empâté, et si ses lèvres pleines et rouges ne délivraient pas des obsénités répugnantes, qui n'exciteraient même pas les plus chastes mousses tout désireux de passer le rite pour devenir un homme. Il les a entendues tellement de fois, ces phrases surfaites et scabreuses...

« Ouais ouais... Casses toi boudin. Eh ? Scarlet, ouais s'tu veux casses toi quand même. »

Sans une once de respect, il repousse durement la femme. Il n'a pas envie de bras tièdes, il n'a pas envie de jambes serrées autour de ses reins, ni de seins mous et chauds contre son torse. Non. Aujourd'hui il a envie de rire, de picoler, de frapper à l'occasion et se faire quelques sous. Il regarde cette fameuse Scarlet passait de client en client. Il sourit avant de rigoler devant sa bêtise. Apparemment c'était la serveuse, bon tant pis ça lui apprendra de juger trop hâtivement. Le problème étant que maintenant pour se faire offrir un godet par la minette de service ça deviendrait plus coton. Il respira encore un grand coup. Et là Dieu avait du l'entendre, un espèce de nobliau bien drapé lui proposa de se joindre à lui. Sacrebleu qu'est-ce que c'est que ces fringues là, c'est carnaval sur l'île ou c'est juste le fait d'avoir rencontré le fameux Donquixote réputé pour son style extravagant ? Toujours est-il que l'alcool scotché à sa main, ça s'était plus qu'alléchant, d'un grand sourire il lui hurla dessus, façon formelle de dire bonjour de par chez lui.

« Eh ?! C'du brandy ça, GRYAHAHAHA sacrebleu ça s'refuse pas ça d'siroter un si bon alcool. Partageons une table et ta bouteille mon gars ! »

Si cet espèce de vermicelle bien sapé dans sa soie avait de l'alcool de qualité à offrir, la moindre des choses c'était de trouver une table. Chose qu'il n'eut pas grande difficulté à prendre et offrir en retour. S'avançant vers un petit groupe. Rotant un coup et les priant de bien vouloir décoller leurs postérieurs pour que lui et bienfaiteur du jour puisse en profiter. Avant que les guss puissent dégainer une réplique, un rire ou tout autres armes pour dire non, Marcellus tapa du poing et du pied en adressant un bon regard de fou. La politesse des écumeurs de la grande bleue dans sa splendeur. Il fit signe à son nouvelle connaissance de prendre place.
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Andhak-Bal Raj
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MessageSujet: Re: Leçon 101 : Guide de comportement en société. Ne pas reproduire.   Jeu 17 Avr 2014 - 4:44

Rarement s'était-il senti aussi heureux de foutre le camp d'un bar par le passé. Normal, quand on y pense. Il trainait pas d'arme, lui. Il avait pas de poings gros comme des enclumes, d'armes à feu à plus savoir quoi en faire, ou n'importe quel autre gadget. Coupant, contondant, perçant, rien. Niet. Nada. Déjà, ça collait pas à son style. Sérieusement, s'il décidait un jour de s'encombrer d'une arme permanente, c'était rien de plus gros qu'une trentaine de centimètres, de peur de juste foutre sa tenue en l'air d'un faux mouvement. Parce que c'était une autre raison, ça : ses mouvements. À votre avis, y a combien d'armes qui tiennent en place quand leur possesseur passe son temps à faire la cabriole et les saltos arrière, hein? Le mieux qu'il puisse espérer, c'était d'au moins voir où elles s'étaient toutes éparpillées. Le pire, c'était de les perdre dans un trou, ou devant les pieds d'un ennemi. Nan, Raj trouvait une certaine fierté dans l'art de savoir se débrouiller à la grâce de son corps et rien d'autre. Même pas d'arts martiaux. Juste le fait de pas crever, ça lui suffisait amplement.

Et ça lui avait bien servi, pour le coup. Coups de bouteilles, tirs de carabine et poignards intempestifs, autant de raisons qui auraient pu signifier la mort d'un autre homme. Pas que ça avait été aisé ; c'est que l'ambiance était serrée dans cette bicoque, même pour sa liberté de mouvement. Il avait simplement eu la veine pourrie d'avoir l'habitude d'esquiver et de se tortiller. Même si autant être franc, avec les minutes, et particulièrement les dernières passées, il avait commencé à sentir les effets de l'alcool. Et ça semblait pas vouloir s'arrêter, cette progression. Si ça se trouvait, cette idée de sortir du bar serait peut-être sa dernière bonne idée de la journée. Ou sa dernière bonne idée tout court, si tout ça était parti dans l'optique de se terminer aussi mal que ça se présageait. Avec une telle bande d'enragés, on peut jamais être certains de rien. Quoiqu'il en soit, tout ça allait se dérouler dans la rue, un joli final sous le soleil. Parce que ouais, y avait même une percée de soleil pour eux, si c'était pas de la veine. Ils crèveraient sous la lumière. Fantastique. Or, avec tout ça, il y avait au moins un point positif à souligner : il avait pu récupérer sa bouteille sur le chemin de la sortie.

Mais en attendant, il avait quoi de son côté à vrai dire? Soudainement intéressé par sa propre situation, l'historien tourna lentement la tête pour jeter un coup d'œil circulaire sur son propre voisinage. Un, deux, trois...six...huit têtes de gland enfermées dans des bandanas aux allures de serviettes de table multicolores. Le truc c'est que la moitié d'entre eux avaient des gourdins, et l'autre moitié brandissaient des sabres qu'on aurait pu croire flambants neufs. À les regarder de près, on aurait juré que toutes ces armes venaient d'être aiguisées dans la matinée. Ce qui était sans doute le cas ; dans une communauté comme celle-là, ils devaient sans doute avoir le besoin de faire aiguiser jusqu'aux couteaux à beurre à tous les matins. Bon, donc Raj se trouvait dans une situation sans doute peu enviable. Et Marcellus aussi en fait, tiens. Il venait de le trainer dans un sacré bordel, l'air de rien. Et les regards qu'il sentait posés sur eux n'inspiraient pas grand chose de mieux. Peut-être que c'était encore possible, la négociation?

'' Hem...Dîtes, ça vous chanterais pas de nous laisser partir sans faire autant d'histoires? C'est que j'crois avoir garé mon bateau en double file en bas aux quais, alors j'devrais sans doute- ''
'' LA FERME, SALOPE! ''

C'était parti tout seul. D'un coup, le premier lascar en face de lui avait fait un pas en avant, envoyant sa lame frapper avec force sans une once d'hésitation. Ils frappaient pour tuer, ces cons! Toujours est-il que tout ce qui en résultat, ce fut Raj qui se mit à tournoyer avec ce qui aurait pu ressembler à de la grâce, n'eut été de son apparent taux d'alcoolémie. Une seconde et trois pivots plus tard, ce fut le bras de Raj qui alla trouver sa place dans le crâne de l'assaillant mal préparé. Un mouvement bien plus instinctif qu'autre chose, achevé par un bête coup d'un revers de poing fermé. Ou en tout cas, c'aurait pu être un simple revers si le coup n'avait pas envoyé sa cible s'envoler sur trois mètres, emportant un autre de ses collègues dans la foulée. Le silence venait de retomber, en même temps que la poussière soulevée par les quelques cinq secondes qui venaient de s'écouler sous les yeux interdits des flibustiers à la hargne tenace. Le poing de Raj était encore suspendu dans les airs, immobile. Immobile comme le bras d'une statue de marbre. Merde. La négociation venait sans doute de prendre la même raclée que l'autre ramolli de la cervelle. Ce qui serait sans doute bien davantage qu'un simple jeu de mot dorénavant, d'ailleurs. Pauvre homme, c'était pas de chance. Mouais bah on peut pas réchapper ce qui s'est passé, alors autant assumer pour mieux recevoir la suite, faut croire. Portant sa bouteille presque vide à ses lèvres, l'homme avala une gorgée avec sonorité, laissant finalement son bras figé retomber mollement à son côté. Un bref regard en coin qui voulait tout dire acheva de décider la prochaine scène.

'' Non mais vous attendez quoi au juste, ma permission? ''

Kung Fu Fighting by KC and The Sunshine Band on Grooveshark


C'aurait été une chorégraphie qu'ils auraient sans doute pas fait mieux. D'autres enflures venaient d'arriver pour se diriger sur Marcellus au moment que la demi-douzaine des premiers assaillants adopta pour lancer l'assaut de groupe sur le type bourré qui semblait faire une épreuve du fait de se tenir droit. Et c'était vrai, en fait. Se tenir droit, en ce moment, c'était du domaine de l'improbable, et à très haut niveau. Cependant, c'est là que la majorité des cons armés font l'erreur qui leur coûte la peau du cul. Ils se disent ''Eh mais, l'autre est groggy, j'vais m'le faire fastoche et lui faire sa fête!'', persuadés de leur bon droit. D'accord, d'ordinaire ça a une partie de vrai, tout ça. Cependant, les réactions d'un homme sous les effets de l'alcool n'en restent pas moins à redouter, en particulier quand le type a déjà démoli quelques têtes de con dans les vingt minutes précédentes.

Il les voyait. Comment ça se faisait qu'il les voyait? Les coups de gourdins, les coups de sabre, tous les coups qui venaient à lui dans le but de le transformer en brochette prête à passer au grill avec sauce au beurre, il les voyait tous arriver comme s'ils étaient au ralenti. Il se penchait, se courbait, exécutait diverses manœuvres pour éviter les coups, comme si c'était une des tâches les plus simples du monde. Des plus simples, mais il y comprenait que dalle. Pourquoi tout défilait aussi lentement? C'était son cerveau qui avait fini par lâcher, et avait décidé de se mettre en mode veille pour analyser tout ce qu'il voyait un point à la fois? Parce qu'en attendant, c'était pas très juste pour les autres types, hein. Il leur rendait leurs coups avec des coups de genoux et de pieds de son cru, le tout rajouté d'un coup de poing baraqué de temps en temps pour envoyer valser au loin le type qui se le prenait. Mais le plus insultant, c'était sans doute qu'il tenait encore sa bouteille, dans sa main gauche. Il ne la lâchait même pas une seule seconde. Un jeu de jambes, une main de libre, et il les bottait tous. Mais comment il y arrivait à faire tout ça, hein? C'était la bibine? Y avait quelque chose dans la bouteille? Ouais, devait y avoir quelque chose dans sa bouteille. Les produits étrangers, tout ça. Plein de produits malpropres aux effets pas nets.

D'un point de vue extérieur, les quelques spectateurs qui s'y intéressèrent ne purent que rester sidérés devant la scène. Il y avait onze hommes. Onze hommes entraînés au maniement de leurs armes, fiers de leurs capacités, qui n'arrivaient pas à mettre un seul coup à un type bourré. Pas un seul coup. Tel un courant d'air, ondulant et pivotant comme si la main du Diable en personne le guidait, l'ivrogne évitait tout. Déviait tout. Renvoyait tout. Et pourtant, ses yeux semblaient fixer un vide lointain que lui-seul semblait être en mesure de discerner. Un peu comme s'il était dans une sorte d'état second. Toujours est-il qu'en un peu moins d'une minute, à la force de ses pieds et de sa main, Raj acheva de faire s'écrouler le dernier de ses assaillants, reprenant rapidement une posture plus que douteuse, comme s'il sortait d'un rêve éveillé. Clignant des yeux quelques fois, incertain de façon évidente au vu de l'expression qu'affichait son visage, l'homme leva sa bouteille presque vidée devant son visage. Il la maintint un moment sur cette position, en fixant le contenu avec une intensité nette.

'' Ouais bah c'pas d'la p'tite bière, ce t- ''

Un étourdissement. Et un gros, cette fois. Rattrapant de justesse son équilibre précaire en posant la main sur le dessus de marche d'un court escalier adjacent, Raj put sentir une sensation presque nouvelle. Celle de sa conscience qui le quittait. Tiens, il avait pas vécu ça depuis l'adolescence, ça faisait longtemps. Or, tout ça risquait de soulever un problème majeur pour la peine. La main libre de l'énergumène se leva lentement dans les airs, un doigt relevé comme pour rendre la suite plus importante.

'' Marcellus? J'crois qu'il y a un probl... ''

La fin se perdit dans sa gorge, alors qu'il tomba tout bonnement par devant, laissant sa tête percuter la marche basse en face de lui avec un son mat pour compliquer encore la chute. Eh beh, tant pis pour le message, hein. Un roulement mollasson sur la surface, et on finit en pleine figure contre le sol.

Le brandy, plus jamais.

~¤'°'0’°'¤~

Aucun doute, un bon brandy, y a que ça de vrai.

Sacré buveur enjoué, ce Marcellus! Et c'était bien ce qu'il fallait pour faire plaisir à Raj, du coup. Faire connaissance n'avait pas été bien difficile une fois les verres sortis et la première rasade échangée sous les rires et les vœux de bonne santé. Le classique, quoi. Ou du moins, c'était le classique des gens qui savaient boire de façon civilisée. Et à défaut de savoir enfiler un pantalon ou de causer sans gueuler chacun de ses mots, ce puissant gaillard n'en restait pas moins un individu des plus plaisants à côtoyer. Un de ces types qui fonctionnent à la logique du tout ou rien, sans doute ; les zones grises, c'est pour les tapettes après tout. Et les tapettes devaient se passer du bon brandy. Logique à toute épreuve s'il en est. Toujours était-il, l'acrobate pouvait se vanter de passer un bon moment, tiens. Entre rires et alcool, entre amis ou parfaits inconnus, y a que peu de différence, en bout de ligne.

Or, dans une taverne remplie de types suivant la même logique, ça passe tout de suite moins bien.

'' Tiens sinon, tu te diriges vers un endroit en part- ''
'' À BOSS BELLAMY! ''
'' Eh, on s'calme, oui? Bon, donc. Tu- ''
'' LE MEILLEUR QUE C'TROU AIT CONNU! ''
'' Eh, y a des gens qui discutent, ic- ''
'' LE PLUS FORT! ''
'' Non mais c'est une bla- ''
'' LE PLUS COOL! ''
'' Mais- ''
'' GLOIRE À BELLAMY! ''
'' MAIS TU VAS FERMER TA GUEULE, OUI!? ''

Il avait fallu qu'il se lève sur sa chaise pour finir par se faire entendre par dessus tout ce vacarme. Sérieux quoi, y a pas idée de faire chier tout le monde à ce point avec ses conneries. Il veut faire un toast, okay, mais il a pas besoin de forcer l'île toute entière à l'entendre, son putain de toast. Sans compter qu'à voir sa gueule, il avait déjà quelques verres dans le nez en premier lieu. Mais c'était sans importance. L'important, c'était qu'il avait arrêté de beugler. Enfin quoi, c'était une base de politesse, merde. Il pouvait le fixer avec la gueule ouverte et les yeux ronds autant qu'il voulait, ça changerait pas le fait qu'il avait agi comme une tache pour se faire rabrouer comme ça. Et du coup, il fallut quelques secondes à Raj, de retour en position plus confortable sur sa chaise, pour se laisser de nouveau aller à la détente. Ce sur quoi il se donna un coup de main en versant à nouveau le contenu de la bouteille dans son verre, pour prestement enfiler son contenu cul sec. La brûlure et la sensation de chaleur intérieure, y a rien de tel pour redonner le coeur léger. Si bien qu'un sourire ne tarda pas à retrouver son chemin sur le visage de l'acrobate. Bon, il allait pas non plus laisser une grande gueule lui gâcher sa journée non plus, hein. La vie et ses petits plaisirs, voilà sa concentration désormais.

'' Désolé, ce gros con me les brisait vraiment. Donc, comme je disait- ''

Et un gros doigt qui lui tapote l'épaule. L'historien se fige un instant, refermant les lèvres alors qu'une expression frustrée se peint progressivement sur ses traits. Expirant par les narines, l'interpellé se retourne calmement, faisant face à un nouvel interlocuteur indésirable.

C'était le gros con.

'' ... ''
'' ... ''
'' ... ''
'' ...Quoi? ''
'' T'AS INTERROMPU MON HOMMAGE À BELLAMY. ''
'' À qui? ''
'' BELLAMY. ''
'' Connait pas. ''
'' C'EST LE SUPER ROOKIE DE L'ÎLE, C'EST LUI L'PATRON. ''
'' M'dit toujours rien. ''
'' IL A FAILLI A JOKER. JOKER L'A PUNI. ''
'' Ah, donc c'est plus le patron en fait. ''
'' ... ''
'' Si? ''
'' ... ''
'' Allez Travis, laisse tomber. Il en vaut pas la peine. ''
'' ...GRMPF... ''

Et ainsi ils repartent, grommelant et lançant des regards sombres. Mais quelle bande de macaques, ces types. Et qui c'était ce Bellamy, d'ailleurs? Encore un chef de gang qui a fini par bouffer ses semelles à cause d'une connerie, sans doute. Comme si ça valait la peine de se faire un tour de reins sur quelque chose d'aussi bas de gamme. Profitant du moment pour remplir une fois de plus les verres tenus sur la table entre lui et Marcellus, l'acrobate émit un claquement de langue agacé, laissant filtrer une phrase bénigne avant de porter le contenant de verre à ses lèvres.

'' Si leur Bellamy avait été si fort, il se serait peut-être pas bouffé une raclée comme une tafiole, hein. ''

Une gorgée. Deux gorgées. Trois gorgées. Et le verre se pose.

...Et le silence se fit.

Soudain interpellé par l'absence des rires, l'absence de mouvement, l'absence de sons tout court, même, Raj pivota lentement sur sa chaise pour regarder derrière lui. Et c'est alors qu'il le vit. Tout le monde fixait. Silencieux. Hagards. Les yeux exorbités, la morve au nez et la gueule sur la table. Mais tous autant qu'ils étaient, ils n'auraient jamais pu égaler ne serait-ce que la moitié de l'intensité du regard que lui portait désormais Travis. Les yeux injectés de sang. L'écume qui commençait à s'accumuler sur les recoins de sa bouche alors que sa respiration rauque s'élevait de plus en plus. Et à travers tout ça, le seul son distinct qui retentit fut celui du propriétaire, qui venait de rassembler autant de bouteilles qu'il le pouvait dans ses bras, cherchant ensuite un abri sous son comptoir. Ils le fixaient tous. Sans un mot. Comme s'ils attendaient de voir sa réaction. Voir la décision qu'il prendrait. La décision qui scellerait son destin, visiblement.

Or, c'aurait été compter sur une quelconque empathie de la part de Raj. Dommage. C'est pas utile quand il manque un détail vital au scénario. Qu'à cela ne tienne. Un sourcil quelque peu incrédule relevé bien haut, renvoyant à son apparent public le regard collectif qu'il se faisait imposer, le jeune homme leva les mains en un geste simple, témoin de sa confusion. Au diable le scénario. Il réagirait quand même.

'' Bah quoi? ''

À sa façon.
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Marcellus Gangi
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MessageSujet: Re: Leçon 101 : Guide de comportement en société. Ne pas reproduire.   Ven 18 Avr 2014 - 15:24

Chez Ambroise, la meilleure zizanie ! Esquive à gauche, roulade à droite, tout droit par la fenêtre et pirouette de sortie au balcon. Si la fuite est une technique de base dans l'art de la piraterie, cette maîtrise n'est pas vraiment acquise chez Marcellus ! Néanmoins, aujourd'hui il y arrivait pas trop mal, sans doute que cette course d'obstacles se voit plus aisée du fait que la plupart de ses poursuivants ne sont en rien en tenue pour tenir un marathon. Quoique qu'un type habillé en évêque semble plus léger et montrer beaucoup d'ardeur dans sa capture. Gné, toujours se méfier des hommes en robe, ce sont les plus louches ! Inutile pourtant de s'attarder sur la question, sinon gare à vos fesses ! Ah, pourquoi il courait déjà ? Ah, oui lui et son comparse du jour avaient vraisemblablement irrité et craché sur un dénommé Bellamy, une sorte de figure du coin adulé par... visiblement tous les forbans du coin. La bagarre dans la taverne devenant trop complexe à gérer, la fuite ou davantage "la retraite tactique suggérée" comme un pirate préfère la nommer, fut de mise. Encore quelques bouteilles qui volèrent en éclats et ils ne demandèrent pas leurs restes et prirent leurs jambes à leurs cou, se bousculant contre quelques éclopés tentant de se relever pour sortir. Lorsque la porte claqua derrière eux. Les clients les plus éméchés se laissèrent aller à un rire tonitruant, tandis que les autres se contentèrent de soupirer en cachant un sourire derrière leur consommations. Le propre du frère de l côte : rire en toute circonstances, trop peu de sang dans le gramme n'aidant pas, les non-participants relégués à chauffer le tabouret pour les gagnants se contentèrent de rire.


En sortant de ce bourbier, nos camarades se retrouvèrent sur une place en face une église, pas vraiment le meilleur endroit pour échapper à tout ça. Prenant donc à gauche, à droite, une impasse et deux carrefour plus tard et ils se retrouvèrent de nouveau face à l'église. Pouaahhhhhh c'est quoi cette ville carrelée de rues dans tous les coins ? Dire que Marcellus connait Treuen comme sa poche, pourquoi toutes les autres villes ne se ressemblent-elles pas, il est ou le port ? Rapide tour d'horizon à 360° pour faire l'état des lieux. Ca craint pas un peu... Mais énormément ! Ceux qui n'ont pas prit part à la poursuite change d'avis d'un côté, les poursuivants coupant l'autre chemin derrière eux, et le tout se met en tête de les encercler. Accabler contre le muret d'une maison, sans la moindre faille. C'est incroyable le nombre de raisons qui peuvent pousser des gens à vous nuire. Il y avait tellement de façons de porter préjudice aux autres que c'était facilement compréhensible. Mais d'autres cas l'étaient beaucoup moins. Par exemple, un préjudice involontaire peut déboucher sur une haine mortelle, c'est le cas présentement.


« Hey Raj, t'es plutôt doué pour t'faire des amis GRYAHAHAHA ! »


Poliment, l'historien entama une bride de pourparler. Visiblement sans succès. Malgré l'absence de vision de Marcellus sur le pourquoi du comment, occupé dans son coin à aboyer pour faire respirer son fessier de ses requins tournoyants. Et voilà que le mannequin imbibé commence à faire un saut de biche. Bon sang, comment on peut sauter aussi haut comme ça ? Boarf, sans doute le fait de pas être trop baraqué, un coup de vent et voilà. Ouais, ça doit être ça pour sûr. Toujours est-il que ce fut le coup de gong du second round. Cette fois, ils étaient plus dans le ring "Ambroise". Ca serait donc plus sauvages, le risque de se manger une chaise, une table en plein mouvement et passer pour un gros conno de rivière ; ça, ça s'est envolé avec cet espace plus libérateur qu'est le grand air. Un gros lard chargea le maître coq en hurlant un "Pour Bellamy". Marcellus haussa les épaules, avala un peu de rhum qu'il avait chapardé à la taverne, tout en essayant de cacher son trouble. Décidément, est-ce qu'on le laisserait tranquille un de ces jours ? Même pour boire un verre sa poisse, contrebalancée par le fait qu'il soit du genre franc parler, l’entraînait dans des parages qu'il ne souhaitait guère fréquenter. Non attendez, en fait il voulait flirter avec ce genres de situations, c'est ça la vie de pirate. Ah ouais, le lardon lui fonçait dessus, on aurait dit un de ces films au ralentis, le guss était tellement gros que même en courant vers le basané, on aurait dit qu'il était en train de faire du sur place en patinant sur de la glace. A moitié amusé, Marcellus ne vit pas venir un autre agresseur beaucoup plus agile, lui assénant un coup d'épée au bras. Laissant échapper un cri de douleur, il se tint le membre avant d'empoigner le malheureux ayant osé lui porter l'estoc, et écrasant sa tête contre le mur le plus proche.


« GRYAHAHA ! On dirait que les rats s'agglutinent, j'vais pouvoir y aller à fond ! »


Rugit-il en bombant les muscles et se penchant en avant. Prêt à contre-attaquer mais la lumière qui irradiait d'une lame l’empêcha de discerner clairement l’attaque du gros lard qui arriva enfin. Il se ramassa le poing en plein dans la figure et vola à son tour vers les murs d’habitations voisines. Si ça continuait à un tel rythme, ils finiraient par détruire les lieux. Marcellus profita de ce léger temps mort pour méditer sur la situation. Ce qu’il ressentait à cet instant précis était étrange… Il menait une baston importante, une de celle qu'il avait pas vécu depuis un bail, la dernière de cet acabit... Ah ça devait être quand il avait rencontré un homme comme lui, un dénommé Marshall D. Teach, mais celui-ci était tellement puissant qu'il avait juste eu à dépoussiérer le menu-fretin. Là c'était quoi du deux versus trente ? Plus ? Raj était saoul et malgré ses talents d'anguille nul doute qu'il tomberait un moment, il se devait de faire quelque chose à son tour autre qu'encaisser, pourtant il y avait au fond de tout ça un certain amusement. Il finit par se relever d’un seul bond et essuya le filet de sang qui coulait sur son menton. Posant sa main droite sur les débris de la maison contre laquelle il avait été projetée. D’une poigne ferme, il attrapa le pan entier de la façade en pierre et en bois, qu’il balança littéralement sur son adversaire. Il enchaîna en courant, comme s'il cherchait à donnais le relais à ce débris d'habitation, couvrant ainsi une offensive bien plus puissante, le crochet du slip approche ! Qu'est-ce que le crochet du slip me direz-vous ? Simple, un futal enroulé sur une paluche, faisant office de gant de boxe.


*BOOOUUUMMM*


Pan de maison, plus slip crochet égal gros lard de quatre mètres qui vole et qui fait un strike dans la meute. Les gros bras étaient hors d'état en un combo, le géant, affalé au sol, gémissait. Il se releva, épongea son sang, afficha un sourire... sans dents pour le coup, preuve de la force de l'impact et retomba lourdement avec des cloches en guise d'yeux. Les plus félidés avec leur agilité étaient encore tout ébaubi de la raclée. Quand un se dit que ça devait être l'occasion, voir cette montagne de maître coq souffler comme un boeuf, preuve indéniable de fatigue et d'énergie déployé dans ce dernier coup. Mais non, on l'a lui fait pas comme ça, un uppercut vint toucher le menton du flibustier. Avec un peu de chance, il allait rentrer chez sa rombière, pour pleurer un coup et se faire recoudre les vilaines plaies qui ensanglantaient son visage et soigner sa chemise déjà toute rapiécée. Pauvre gars, pensait Marcellus, un rat de terre qui s'en prenait encore à la mauvaise personne. Voilà maintenant qu'un encapuchonné ressemblant à un phallus multicolore fonçait sur lui. Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Il jeta un regard en direction de l'historien aux bonnes manières, celui-ci se battait comme un lion enragé lui-aussi et son jeu de jambe était impressionnant. On aurait dit une tornade s'abattant sur la place. Mais des cris eurent raison de son attention, et Mr. Gangi n'eut le temps d'admirer le spectacle proposé par son camarade de fortune.

Visiblement, ceux-là voulaient se battre. Le pirate se mit en position et regarda l’un d’entre eux lui foncer dessus avec une hache. Il attrapa le manche, fit une balayette à son ennemi et planta la lame dans son ventre avant de courir droit vers le reste de l’assemblée. La canaille de la mer posa ses mains sur les épaules de son adversaire. Le reste des ennemis étaient parfaitement immobiles, à cause de la stupeur. Ils regardèrent simplement leur ami se faire briser les épaules avant que le maudit ne retombe sur le sol habilement. Il dégagea une mèche de cheveux échappé de son bandana qui le gênait pendant qu’un autre homme fonçait vers lui. Il avait deux tonfas. Le premier heurta la montagne, qui rigola de son rire gras voyant le second coup venir. Il contre-attaqua, propulsant un genoux dans l’abdomen de l’homme avec une puissance telle que ce dernier cracha du sang avant de retomber sur le sol. Les hommes restaient impressionnés devant autant de puissance. Il y avait fort à parier qu’aucun d’entre eux n’ait jamais vu un vrai pirate à l’œuvre. Et cette démonstration n’était que pathétique par rapport au reste des pouvoirs de Grand Line.

Trois d’entre eux encerclèrent le boucanier avec chacun un sabre. Ce dernier agrippa son célèbre pantalon et commença à tournoyer habilement, frappant les ruffians au visage de plusieurs coups de futal extrêmement rapides. Une fois ces trois là à terre, fonçant comme un buffle sur ce fameux type au déguisement phallique. Il l’abattit sur le sol, restant debout sur sa tête avant de laisser un rictus amuser apparaître sur son visage. Les narguer était le meilleur moyen de faire durer le plaisir. Le nombre d’adversaires avait diminué du tiers. Il n’en restait plus que... Aucune idée, il ne savait pas compté. L’un d’entre eux se tenait d’ailleurs à l’arrière, bras croisés. Il devait être un vétéran, au vue de son assurance. Dans son esprit, entrainer un peu ses hommes contre quelqu’un de véritablement fort ne pouvait être que bénéfique.


« GRYAHAHAHA ! J'm'amuse comme un fou ! Et toi Raj ? »

Subitement, il se précipita vers ce qui semblait être un capitaine et envoya son poing vers la mâchoire de ce dernier qui évita d’un bond sur le côté. La jambe du vétéran se dirigea vers l’épaule de Marcellus qui para de son genou avec un sourire grandissant d’amusement. Ce type non plus n’était pas ordinaire… Le combat qui s’annonçait serait sans aucun doute périlleux. L’adversaire frappa avec une vitesse incroyable le torse de Marcellus qui fut précipité contre un autre pan de maison. Il glissa le long de celui-ci pendant que l’ennemi avançait impitoyablement. Une fois suffisamment prêt, il leva son poing une nouvelle fois avant de l’abattre. La jambe droite du basané l’écarta et ce dernier se redressa. Une fois en position accroupie, le bras du foi jaune au dessus de son épaule, le maître coq chuchota :


« Hey mon gars t'veux voir quelque chose d'éblouissant ? »

Interloqué, le pirate stoppa son attaque et répondit par l'affirmative en hochant la tête.

« BRAGUETTE ! » hurla Marcellus en ôtant son pantalon en un claquement de doigt, profitant de la stupéfaction de son ennemi pour lui en mettre une belle en plein dans le pif.

Pour clore en beauté ce petit match d’exhibition, Marcellus toujours nu comme un vers opta pour l’une de ses dernières techniques. Après de nombreuses heures passées à l’exécuter dans le vide, il voulait voir ce que ça pouvait donner en situation réelle. Ces gars là seraient le "sac de frappe" idéal. En position de combat, il fléchit ses genoux afin de mieux adhérer au sol sur ses points d’appui et serra les deux poings, au niveau de la taille. Il demeura ainsi un petit moment et brisa brusquement le silence en poussant un puissant Kiai, cri de guerre témoignant de la Volonté engagée dans cette attaque. Pourtant, son poing ne fit que "brasser le vent" devant lui, alors que les autres coquins se tenaient à quelques mètres devant lui. Ils ricanèrent tous à la vue du spectacle. Profitant des éclats de rire, Marcellus arbora un V avec son index et son majeur, hurlant un "victory". En effet, les cul rouge ne remarquèrent pas que Raj, ce cyclonique poivrot était déjà là et commençait à les balayer comme des mouches.

Rigolant et fanfaronnant, Marcellus porta son froc sur son épaule. Ca y est, il pouvait enfin souffler. Regardant Raj se finir au brandy, ou finir la bouteille ? Il n'aurait pas réellement su différencier cette solde. Alors que le bon pirate qu'il était, faisait les poches pour des vaincus pour acquérir quelques berries. Son comparse l'interpelle, visiblement sujet à un nouveau problème. Bon sang, ça ne s'arrêtera donc jamais. Ah, si finalement. S'étant mis à hoqueter, et fait une passe à la Drunken Style Monk, et finissant en s'écrasant par terre. Brandy un, Raj zéro. Marcellus éclata de rire, après avoir passer une bonne partie de cette journée à se castagner avec des groupies d'un pirate déchu, voilà que la bouteille l'emporte sur l'ivrogne.

« GRYAHAHA ! Sacré zozio qu'ce gars là ! » s'esclama la montagne humaine en regardant l'acrobate ivre mort sur le sol. « Boarf... T'vas pas m'laisser comme ça eh. Allez mon gars, payes moi ta tournée. »

Et en bon pirate qu'il est, Marcellus fit les poches à Raj, lequel serait privé de sa bourse à son réveil.



.•°°•.•°°•.•°°•.



Sifflotant toujours nonchalamment une poignée de notes d’une vieille mélodie de son enfance, Marcellus poursuit sa route du brandy en compagnie de Raj. Lequel ma fois était plutôt sympathique et pas du genre à s'enquiquiner le derche avec des paroles mielleuses comme aurait pu le suggérer son accoutrement. Ses paupières se soulevèrent, laissant ses yeux s'habituer à la clarté nouvelle de la pièce, sans doute l'alcool ça. Il se laissa servir par son nouveau camarade qui avait bien compris comment caresser la machine dans le sens du poil. Ravi de se rincer le gosier, il trinqua en l’écoutant calmement puis descendit le contenu d’une traite.

« À la tienne mon gars. Raj tu dis ? Moi c'est Marcellus. J’suis pas du coin non plus mais à ce que j’ai cru comprendre, c'est plutôt festival aujourd'hui. Tu t’es perdu pour tomber dans c’trou ? Surtout qu’à ta dégaine tu m’as pas l’air d’être du métier GRYAHAHA ! »

Bon, il était vrai que faire la conversation avec quelqu’un que l’on n’avait jamais entendu parler n’était peut-être pas éminemment pertinent, mais Mr. Gangi n’avait pas toujours besoin qu’on lui réponde. Après tout, il était parfois simplement agréable de lancer quelques mots en l’air, et de voir ce qui pouvait en retomber… Malgré une absence totale de méchanceté envers le petit pic glissé, Marcellus voulait quand même savoir un peu concernant ce dernier. Peut-être que c'était un de ces gredins qui volent ci et là. Et sans attendre de réponse, pouvait-il demander à un homme ce qu'il faisait dans les rues interlopes, quand lui-même s'y était perdu pour raisons plus douteuses encore ... il s'rinça le gosier de nouveau. Avec tout ce capharnaüm que sont les pirates à gueuler, la discussion était assez difficile. Et outre le fait d'entendre les paroles de ce brave homme au brandy, les "on disait" pleuvaient. On disait, on disait, on disait… Mais Marcellus n’en était pas étonné : des qu’un marin sortait de l’ordinaire, les histoires ne tardait pas à pleuvoir sur son compte et à se répandre comme une trainée de poudre entre les comptoirs des tavernes. Le maître coq, lui, n’était pas homme à se soucier des qu’en-dira-t-on. Il se fiait plus souvent aux actes qu’aux mots prononcés, qui avaient la fâcheuse tendance de se dissiper dans l’air, connaissant alors une existence aussi brève qu’incertaine. Les actes ça c'est du concret et ça restait. Toujours est-il, que ça commençait à l'échauffer de pas pouvoir entendre son camarade. Il balaya l'assemblée du regard et il s’arrêta particulièrement sur un duo haut en couleurs, deux hommes accoudés au qui parlaient fort, parlant d'un dénommé Bellamy. Mais bordel, Bellamy par ci, Bellamy par là. Depuis qu'il avait mouillé ici, il entendait que ce nom là. Il serait peut-être préférable cette fois de rien dire, qui plus est, le dénommé Raj là, semblait pas très costaud dans l'éventualité d'une petite altercation entre frères de la côte. Alors, il se concentra davantage sur la bouteille.

Il n’y avait rien de tel que de sentir une lampée de brandy descendre le long de sa gorge lorsqu’on avait soif. C’était comme un piquant rappel des sensations que la vie et ses promesses avaient à offrir, un bref aperçu divin du paradis. Comme il fut dit plus tôt, Marcellus n’était certes pas un de ces marins qui se perdait dans les affres de la boisson dès qu’il touchait terre. Ah, en fait si. Le genre à aller de pair à bon nombre des personnages qu’il croisait tous les jours, il grimaçait lorsqu’on lui présentait un verre d’eau douce. Le brandy lui au moins réussissait à chaque fois à lui faire oublier, l’espace d’un verre ou deux, toutes les autres boissons de la terre. Les flibustiers, les gars de la Marine et les marchands finissaient souvent par ne jurer que par le rhum. Marcellus, lui, en était resté –et resterait toujours- au bon vieux whisky. Sentir son fumet qui lui monter au nez et sa saveur qui lui piquait la langue, c’était retrouver instantanément les souvenirs de épopée navale avec feu son capitaine. Dans ces moments là, Gaoh levait son verre à hauteur de menton, faisait claquer sa langue et, pensif, restait souvent quelques secondes à contempler le liquide ambré. C’était comme s’il y voyait à la surface des pans entiers de sa vie d’avant, quand il n’était qu’un jeune gars issu échappé d'une vie d'esclave dont l’éclat n’était ravivé qu’autour d’une bonne bouteille, les soirées brumeuses.

La boisson lui mordait le palais comme des doigts fouillant après une vieille blessure, et il n’arrivait alors plus qu’à se souvenir de ce que ce prétendu brandy n’était pas. Et puis la vie reprenait son cours tandis qu’il finissait son verre et en reversait un autre. La gnôle –ce qu’il représentait- faisait partie de lui au même titre que ses souvenirs les plus chers ou les mers qu’il aimait tant parcourir. Et puis, quand il n’y avait pas l'alcool, il y avait les femmes. Alors qu'il allait aborder cette question, l'échauffement des potins du jour, percutèrent les oreilles du bien sapé qui à fortiori en avait déjà ras le bol. Faut dire que le nombre de décibels étaient sensiblement différent entre un pirate, et euh... un affectionado d'une bonne bouteille. A défaut de savoir réellement ce qu'il est, son métier, son goût en matière d'alcool était indéniable. Marcellus soupira, la peste soit des ivrognes qui boivent trop et racontent des salamalecs, fallait pas être un génie pour savoir ce qui se tramait, le fameux célèbre rookie il devait s'être pris une rouste monumentale et voilà. Ah bah tient, voilà que sa pensée se révèle être bonne. En tout cas, Raj avait l'air d'avoir du cran, c'était un bon point. Au moins la prochaine fois, il pourrait intervenir, ça mettrait peut-être plus de piquant. Marcellus commença à se balancer sur sa chaise d’avant en arrière nonchalamment. L'air guilleret, ah ça sentait bon la bonne journée. L'alcool était déjà là, nul doute que la bagarre allait arriver, il avait trop d'expérience en matière de caboulot pour sentir ce genre de choses. Il ne fallait de toute façon pas être grand clerc pour comprendre, vu son regard vicieux et son expression colorée, que le dénommé Travis n’allait pas en rester là.

En attendant une nouvelle réaction qui ferait probablement renverser le vase avec cette future nouvelle goutte d'eau, Marcellus approuvait de son regard le comportement de Raj, celui-ci devait sans nul doute le ressentir. Et le forban à la carrure de montagne n’était pas homme à laisser l’un de "ses p’tits gars" se faire ainsi molester par une brute sans cervelle… Le silence avant la tempête se fit. Et ploc... la subtile goute d'eau vint à résonner par un "Bah quoi ?" signé Raj. Ah, ce gars là en avait dans le futal, c'était toujours agréable de rencontrer des gens qui aiment à se faire respecter. Un duo se forma alors sans le vouloir face à l'étendue de coquins en deuil envers la fameuse hyène. Allez l'arbitre, fait retentir le gong du premier round !
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Leçon 101 : Guide de comportement en société. Ne pas reproduire.

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